Tous les « À retenir » du cours, dans l'ordre du plan : l'essentiel à garder sous la main.
Qu'est-ce que la monnaie ?
Partie I — La monnaie et les banques · A. La monnaie
Fil conducteur
Mme Le Goff paie sa baguette en pièces, Karim par carte, et le meunier est réglé par virement. Trois gestes différents, une seule et même monnaie.
En une phrase
La MONNAIE est un actif accepté par tous en paiement ; elle remplit trois fonctions (intermédiaire des échanges, unité de compte, réserve de valeur) et repose entièrement sur la CONFIANCE de ceux qui l’utilisent.
La monnaie, c’est ce que tout le monde accepte en paiement. Elle sert à échanger, à compter et à garder de la valeur pour plus tard. Elle ne tient que parce que tout le monde a confiance en elle.
Pourquoi c'est important
Sans monnaie, il faudrait trouver quelqu’un qui veut exactement ce qu’on offre et offre exactement ce qu’on veut : le troc est très coûteux. Comprendre ce qu’est la monnaie permet de comprendre l’inflation, le rôle des banques et de la BCE, et les débats sur les cryptoactifs ou l’euro numérique.
Sans monnaie, il faudrait trouver quelqu’un qui veut exactement ce que tu as et qui a exactement ce que tu veux : le troc, c’est compliqué. Comprendre la monnaie aide à comprendre l’inflation, le rôle des banques et de la BCE, et les débats sur les cryptomonnaies ou l’euro numérique.
Comment ça marche
Trois fonctions : INTERMÉDIAIRE DES ÉCHANGES (elle permet d’acheter et vendre sans troc), UNITÉ DE COMPTE (elle sert d’étalon pour comparer toutes les valeurs), RÉSERVE DE VALEUR (elle permet de reporter une dépense).
La MONNAIE FIDUCIAIRE regroupe les billets et les pièces, émis par la banque centrale (billets) et le Trésor (pièces).
La MONNAIE SCRIPTURALE est constituée des dépôts sur les comptes bancaires ; elle circule par carte, virement ou chèque. C’est de loin la plus importante. La carte et le virement ne sont pas de la monnaie, mais des moyens de faire circuler la monnaie scripturale.
Aujourd’hui, la monnaie n’est plus convertible en or : c’est une monnaie fiduciaire au sens large, dont la valeur repose sur la confiance dans l’institution qui l’émet et dans la stabilité des prix.
Les AGRÉGATS MONÉTAIRES mesurent la quantité de monnaie : M1 (billets, pièces, dépôts à vue), M2 (M1 + dépôts à terme courts et livrets), M3 (M2 + certains titres de court terme).
Trois usages : échanger (acheter et vendre sans troc), compter (comparer la valeur de tout avec la même règle), garder (mettre de côté pour dépenser plus tard).
Les billets et les pièces : les billets sont émis par la banque centrale, les pièces par l’État.
L’argent sur les comptes en banque : il circule par carte, virement ou chèque. C’est de loin la plus grande partie de la monnaie. La carte et le virement ne sont pas de la monnaie : ce sont des façons de faire circuler l’argent des comptes.
Aujourd’hui, la monnaie ne peut plus être échangée contre de l’or. Sa valeur repose sur la confiance dans ceux qui l’émettent et dans des prix stables.
Pour mesurer la quantité de monnaie, on utilise des « agrégats » : M1 (billets, pièces, comptes courants), M2 (M1 plus les livrets et certains dépôts), M3 (M2 plus certains placements très courts).
Exemple concret
Quand Karim paie 1,30 € par carte, aucun billet ne bouge : sa banque débite son compte et crédite celui de Léa. La monnaie scripturale passe d’un compte à l’autre. Quand Léa affiche « baguette 1,30 € », elle utilise la fonction d’unité de compte. Quand Tom laisse 500 € sur son Livret A, la monnaie sert de réserve de valeur, et c’est cette fonction que l’inflation abîme.
Quand Karim paie 1,30 € par carte, aucun billet ne bouge : sa banque retire l’argent de son compte et l’ajoute à celui de Léa. Quand Léa affiche « baguette 1,30 € », la monnaie sert à compter. Quand Tom laisse 500 € sur son Livret A, la monnaie sert à garder de la valeur. C’est cet usage-là que l’inflation abîme.
Vocabulaire
Monnaie : Actif liquide accepté par tous en règlement des échanges et des dettes.
Monnaie scripturale : Monnaie constituée des soldes des comptes bancaires, qui circule par écritures.
Monnaie fiduciaire : Billets et pièces ; plus largement, monnaie dont la valeur repose sur la confiance et non sur un métal.
Agrégats monétaires : Indicateurs de la quantité de monnaie en circulation (M1, M2, M3), classés par degré de liquidité.
Liquidité : Facilité avec laquelle un actif peut être converti en moyen de paiement sans perte de valeur.
Monnaie : Ce qui est accepté par tous pour payer ses achats et ses dettes.
Monnaie scripturale : L’argent qui existe sur les comptes en banque et circule par des écritures.
Monnaie fiduciaire : Les billets et les pièces. Plus largement, une monnaie qui tient par la confiance, pas par l’or.
Agrégats monétaires : Les mesures de la quantité de monnaie (M1, M2, M3), de la plus disponible à la moins disponible.
Liquidité : La facilité à transformer un bien en argent utilisable, sans perdre de valeur.
Les chiffres à connaître
+ 3,4 % : croissance sur un an de l’agrégat M3 dans la zone euro en juillet 2026 ; + 3,1 % pour M1. BCE, évolutions monétaires, juillet 2026.
21 pays utilisent l’euro depuis le 1er janvier 2026, avec l’entrée de la Bulgarie. Banque de France.
+ 3,4 % : la hausse en un an de la quantité de monnaie (M3) dans la zone euro en juillet 2026 ; + 3,1 % pour la mesure la plus étroite (M1). BCE, évolutions monétaires, juillet 2026.
21 pays utilisent l’euro depuis le 1er janvier 2026, avec l’arrivée de la Bulgarie. Banque de France.
Ce qu'en disent les économistes
Aristote distinguait déjà les trois fonctions de la monnaie. Pour les classiques, la monnaie est un « voile » qui ne change rien à l’économie réelle. Keynes y voit au contraire un actif qu’on peut vouloir détenir pour lui-même (motifs de transaction, de précaution et de spéculation), ce qui influence taux d’intérêt et activité.
Aristote parlait déjà des trois usages de la monnaie. Pour les économistes classiques, la monnaie n’est qu’un « voile » posé sur l’économie, sans effet réel. Pour Keynes, au contraire, on peut vouloir garder de la monnaie pour elle-même : pour payer ses achats, par prudence ou pour spéculer. Cela joue sur les taux d’intérêt et sur l’activité.
Piège / à ne pas confondre
La carte bancaire, le chèque et le virement sont des moyens de paiement, pas de la monnaie. Et les cryptoactifs comme le bitcoin remplissent mal les trois fonctions : leur valeur est trop volatile pour servir d’unité de compte ou de réserve fiable, et ils sont peu acceptés en paiement.
La carte, le chèque et le virement ne sont pas de la monnaie : ce sont des façons de payer. Et les cryptomonnaies comme le bitcoin remplissent mal les trois usages : leur valeur bouge trop pour servir à compter ou à garder, et peu de commerçants les acceptent.
Pour anticiper
La croissance de M3 et du crédit renseigne sur les pressions inflationnistes futures et sur la santé du financement de l’économie. Une chute brutale signale un resserrement ; une accélération forte, un risque d’inflation ou de bulle. Suis aussi le projet d’euro numérique de la BCE, qui pourrait changer la façon dont on détient la monnaie de banque centrale.
La quantité de monnaie et de crédit donne des indices sur l’inflation à venir et sur la facilité à se financer. Si elle chute d’un coup, le crédit se resserre. Si elle accélère fort, attention à l’inflation ou à une bulle. Suis aussi le projet d’euro numérique de la BCE, qui pourrait changer notre façon de détenir de l’argent.
À retenir
Trois fonctions : échange, compte, réserve. Fiduciaire (billets, pièces) et scripturale (dépôts, l’essentiel). Carte et virement = instruments, pas monnaie. Valeur fondée sur la confiance. M1 ⊂ M2 ⊂ M3.
La monnaie sert à échanger, à compter et à garder. Il y a les billets et pièces, et surtout l’argent des comptes. La carte n’est pas de la monnaie, c’est un moyen de payer. Tout repose sur la confiance.
Comment les banques créent la monnaie
Partie I — La monnaie et les banques · A. La monnaie
Fil conducteur
Léa obtient de sa banque un prêt de 40 000 € pour acheter un four neuf. L'argent apparaît sur son compte. D'où vient-il ? De personne : la banque vient de le créer.
En une phrase
Les banques commerciales créent l’essentiel de la monnaie en accordant des crédits : « les crédits font les dépôts » ; la monnaie est détruite lorsque le crédit est remboursé.
Ce sont surtout les banques qui créent la monnaie, en faisant des prêts. Quand une banque te prête, elle crée l’argent qu’elle met sur ton compte. Quand tu rembourses, cet argent disparaît.
Pourquoi c'est important
C’est l’un des mécanismes les plus mal compris : on imagine souvent que la banque prête l’épargne de ses clients. En réalité, elle crée de la monnaie nouvelle, dans des limites fixées par la rentabilité, la réglementation et la politique de la banque centrale. Cela explique le lien entre crédit, activité et inflation.
C’est l’un des mécanismes les plus mal compris. On croit souvent que la banque prête l’argent des autres clients. En fait, elle crée de l’argent nouveau. Mais pas sans limites : il faut que ce soit rentable, que les règles le permettent, et la banque centrale veille. Cela explique le lien entre crédit, activité et inflation.
Comment ça marche
Quand une banque accorde un crédit, elle inscrit une créance à son ACTIF (ce que l’emprunteur lui doit) et un dépôt du même montant à son PASSIF (ce qu’elle doit à l’emprunteur). Le dépôt est de la monnaie nouvelle.
Au remboursement, l’opération inverse détruit la monnaie. La masse monétaire augmente donc quand les crédits nouveaux dépassent les remboursements.
Les banques ont besoin de MONNAIE CENTRALE (billets, réserves sur leur compte à la banque centrale) pour faire face aux retraits et aux paiements vers d’autres banques. Elles l’obtiennent auprès de la banque centrale, qui en fixe le prix : c’est le levier de la politique monétaire.
Limites : la demande de crédit (il faut des emprunteurs solvables), la rentabilité, les règles prudentielles (fonds propres minimaux, ratios de liquidité) et les taux de la banque centrale.
Les banques centrales créent aussi de la monnaie, lorsqu’elles achètent des titres (assouplissement quantitatif) ou prêtent aux banques.
Quand la banque prête, elle écrit deux lignes en même temps : ce que l’emprunteur lui doit (le prêt) et ce qu’elle lui doit (l’argent sur son compte). Cet argent sur le compte, c’est de la monnaie toute neuve.
Quand l’emprunteur rembourse, les deux lignes s’effacent : la monnaie disparaît. La quantité de monnaie monte donc quand il y a plus de nouveaux prêts que de remboursements.
Les banques ont quand même besoin de « monnaie de la banque centrale » (billets, réserves) pour les retraits et les paiements vers d’autres banques. Elles l’empruntent à la banque centrale, qui en fixe le prix. C’est comme ça que la BCE agit.
Ce qui limite les prêts : il faut des emprunteurs capables de rembourser, que ce soit rentable, que la banque respecte des règles de solidité, et les taux de la BCE.
Les banques centrales créent aussi de la monnaie, quand elles achètent des titres ou prêtent aux banques.
Création monétaire : le bilan d'une banque qui accorde un crédit. Le crédit s'inscrit à l'actif, le dépôt au passif, au même moment. La monnaie naît du crédit et disparaît au remboursement.
Exemple concret
Le jour du prêt, le compte de Léa passe de 2 000 € à 42 000 €. Personne d’autre n’a vu son compte diminuer : 40 000 € de monnaie sont nés. Léa paie le fabricant de fours, dont la banque reçoit le dépôt ; les banques règlent entre elles le solde en monnaie centrale. Chaque mois, Léa rembourse une part du capital : cette part de monnaie est détruite. Les intérêts, eux, rémunèrent la banque.
Le jour du prêt, le compte de Léa passe de 2 000 € à 42 000 €. Personne d’autre n’a vu son compte baisser : 40 000 € sont apparus. Léa paie le fabricant du four, dont la banque reçoit l’argent. Les banques règlent ensuite les comptes entre elles avec de la monnaie de la banque centrale. Chaque mois, Léa rembourse une partie du prêt, et cette partie disparaît. Les intérêts, eux, rémunèrent la banque.
Vocabulaire
Création monétaire : Processus par lequel apparaît de la monnaie nouvelle, principalement lors de l’octroi de crédits par les banques.
Crédit : Opération par laquelle un prêteur met des fonds à disposition d’un emprunteur contre remboursement et intérêts.
Destruction monétaire : Disparition de monnaie lors du remboursement d’un crédit.
Monnaie centrale : Monnaie émise par la banque centrale (billets et réserves des banques), utilisée pour les règlements entre banques.
Assouplissement quantitatif : Achats massifs de titres par la banque centrale pour faire baisser les taux longs et injecter des liquidités.
Création monétaire : La naissance de monnaie nouvelle, surtout quand les banques accordent des prêts.
Crédit : Un prêt d’argent, à rembourser avec des intérêts.
Destruction monétaire : La disparition de monnaie quand un prêt est remboursé.
Monnaie centrale : L’argent émis par la banque centrale (billets et réserves des banques), qui sert aux banques pour se payer entre elles.
Assouplissement quantitatif : Quand la banque centrale achète en masse des titres pour faire baisser les taux et injecter de l’argent.
Les chiffres à connaître
+ 3,1 % : hausse sur un an des prêts aux ménages de la zone euro en juillet 2026 ; + 4,4 % pour les prêts aux entreprises. BCE, évolutions monétaires, juillet 2026.
3,31 % : taux moyen des crédits immobiliers en France en août 2026 ; près d’un prêt sur deux (49,3 %) est accordé sur 25 ans ou plus. Observatoire Crédit Logement/CSA, août 2026.
+ 3,1 % : la hausse en un an des prêts aux ménages dans la zone euro en juillet 2026 ; + 4,4 % pour les prêts aux entreprises. BCE, évolutions monétaires, juillet 2026.
3,31 % : le taux moyen des prêts immobiliers en France en août 2026. Près d’un prêt sur deux (49,3 %) dure 25 ans ou plus. Observatoire Crédit Logement/CSA, août 2026.
Ce qu'en disent les économistes
La formule « les crédits font les dépôts » s’oppose à la vieille idée d’un « multiplicateur de crédit » où les banques ne feraient que prêter les dépôts reçus. En 2014, la Banque d’Angleterre a publié un article remarqué, « Money creation in the modern economy », confirmant que ce sont bien les prêts qui créent les dépôts. Hyman Minsky a montré que cette capacité peut alimenter des cycles d’endettement excessif.
La formule « les crédits font les dépôts » contredit l’idée ancienne selon laquelle les banques prêteraient seulement l’argent déposé par leurs clients. En 2014, la Banque d’Angleterre a publié une étude connue qui confirme que ce sont bien les prêts qui créent l’argent des comptes. Hyman Minsky a montré que ce pouvoir peut pousser à des excès de dettes.
Piège / à ne pas confondre
Créer de la monnaie ne veut pas dire créer de la richesse : la monnaie nouvelle a en face une dette. Si elle finance des investissements productifs, elle soutient la croissance ; si elle finance de la spéculation, elle peut nourrir une bulle. Et la banque ne crée pas les intérêts : ils sont payés avec de la monnaie qui circule déjà.
Créer de l’argent, ce n’est pas créer de la richesse : chaque euro créé a une dette en face. S’il sert à investir dans quelque chose d’utile, il aide la croissance. S’il sert à spéculer, il peut gonfler une bulle. Et la banque ne crée pas l’argent des intérêts : ils sont payés avec de l’argent qui existe déjà.
Pour anticiper
Le crédit est un canal majeur de transmission de la conjoncture. Quand les taux montent et que les banques durcissent leurs conditions (enquêtes de la BCE sur la distribution du crédit), la production de crédits baisse, puis l’investissement et l’immobilier suivent. La baisse de 16,8 % de la production de crédits immobiliers sur un an, mi-2026, en est un signal.
Le crédit transmet vite les changements de climat. Quand les taux montent et que les banques deviennent plus exigeantes, elles prêtent moins, puis l’investissement et l’immobilier ralentissent. La baisse de 16,8 % en un an des nouveaux prêts immobiliers, mi-2026, en est un signe.
À retenir
Les crédits font les dépôts ; le remboursement détruit la monnaie. Les banques ont besoin de monnaie centrale, dont la banque centrale fixe le prix. Limites : solvabilité, rentabilité, règles prudentielles, taux directeurs.
Quand une banque prête, elle crée l’argent ; quand on rembourse, il disparaît. Les banques ont besoin de la monnaie de la banque centrale, qui en fixe le prix. Elles ne prêtent pas sans limite : il faut des emprunteurs solides, de la rentabilité et des règles respectées.
La BCE et la politique monétaire
Partie I — La monnaie et les banques · B. La banque centrale
Fil conducteur
Le 10 septembre 2026, la BCE relève ses taux. Quelques semaines plus tard, la banquière de Léa lui annonce que le prêt pour agrandir le fournil coûtera plus cher que prévu.
En une phrase
La Banque centrale européenne, indépendante, a pour mandat principal la STABILITÉ DES PRIX (une inflation de 2 % à moyen terme) ; elle agit surtout en fixant ses TAUX DIRECTEURS, qui se transmettent à l’ensemble des taux de l’économie.
La Banque centrale européenne, qui ne reçoit d’ordres de personne, doit garder des prix stables : autour de 2 % de hausse par an. Son principal outil : fixer ses taux, qui se répercutent sur tous les taux de l’économie.
Pourquoi c'est important
Les décisions de la BCE touchent directement le prix des crédits immobiliers, la rémunération de l’épargne, le coût de la dette publique et même le taux de change de l’euro. Comprendre sa logique permet d’anticiper ses décisions et leurs effets sur son propre budget.
Les décisions de la BCE changent le prix des prêts immobiliers, ce que rapporte l’épargne, ce que coûte la dette de l’État, et même la valeur de l’euro. Comprendre sa logique aide à prévoir ses décisions et leurs effets sur ton propre budget.
Comment ça marche
Le Conseil des gouverneurs (six membres du directoire et les gouverneurs des vingt et une banques centrales nationales) se réunit environ toutes les six semaines pour fixer la politique monétaire.
Trois taux directeurs : le taux de la FACILITÉ DE DÉPÔT (rémunération des réserves excédentaires des banques, aujourd’hui le taux pilote), le taux des opérations principales de refinancement, et le taux de la facilité de prêt marginal.
Canaux de transmission : les taux directeurs influencent les taux interbancaires, puis ceux des crédits et de l’épargne ; ils agissent aussi sur le prix des actifs, le taux de change et les anticipations.
Pour freiner l’inflation, la BCE relève ses taux : le crédit renchérit, la demande ralentit. Pour soutenir l’activité quand l’inflation est basse, elle les abaisse.
Outils non conventionnels : achats de titres (assouplissement quantitatif), prêts longs aux banques, communication sur ses intentions (« forward guidance »).
Les effets sont décalés : il faut souvent 12 à 18 mois pour qu’une décision produise l’essentiel de ses effets sur l’inflation.
Le Conseil des gouverneurs (six dirigeants de la BCE et les gouverneurs des vingt et une banques centrales nationales) se réunit environ toutes les six semaines.
Il fixe trois taux. Le plus important aujourd’hui : le taux auquel la BCE rémunère l’argent que les banques laissent chez elle (la « facilité de dépôt »). Les deux autres sont les taux auxquels elle prête aux banques.
Ces taux se répercutent : d’abord sur les prêts entre banques, puis sur les crédits et l’épargne, sur la Bourse, sur la valeur de l’euro et sur ce que les gens attendent.
Pour calmer l’inflation, la BCE monte ses taux : emprunter coûte plus cher, on achète moins. Pour soutenir l’activité quand l’inflation est basse, elle les baisse.
Elle a aussi d’autres outils : acheter des titres en masse, prêter longtemps aux banques, annoncer à l’avance ses intentions.
Les effets arrivent avec retard : il faut souvent 12 à 18 mois pour voir l’essentiel de l’effet sur l’inflation.
Exemple concret
Entre juin 2024 et mi-2025, la BCE a abaissé son taux de dépôt de 4 % à 2 % à mesure que l’inflation refluait. En 2026, le choc pétrolier relance l’inflation, que la BCE prévoit à 3,0 % pour l’année : elle remonte le taux de dépôt à 2,50 % en septembre. Pour Léa, le crédit de 40 000 € pour agrandir le fournil passe à un taux plus élevé ; pour Tom, le Livret A a été relevé à 1,7 % au 1er août.
Entre juin 2024 et mi-2025, la BCE a baissé son taux principal de 4 % à 2 %, à mesure que l’inflation se calmait. En 2026, le pétrole relance l’inflation, que la BCE prévoit à 3,0 % pour l’année. Elle remonte donc son taux à 2,50 % en septembre. Pour Léa, le prêt de 40 000 € pour agrandir le fournil coûtera plus cher. Pour Tom, le Livret A est passé à 1,7 % au 1er août.
Vocabulaire
Taux directeurs : Taux d’intérêt fixés par la banque centrale pour ses opérations avec les banques ; ils orientent l’ensemble des taux de l’économie.
Stabilité des prix : Objectif principal de la BCE, défini comme une inflation de 2 % à moyen terme, mesurée par l’indice des prix harmonisé.
Indépendance : Principe selon lequel la banque centrale ne reçoit d’instructions ni des gouvernements ni des institutions de l’Union (article 130 du traité sur le fonctionnement de l’UE).
Canaux de transmission : Voies par lesquelles la politique monétaire agit sur l’économie : taux, crédit, prix des actifs, change, anticipations.
Taux directeurs : Les taux que fixe la banque centrale pour prêter aux banques ou rémunérer leur argent. Ils guident tous les autres taux.
Stabilité des prix : Le but principal de la BCE : une inflation de 2 % par an à moyen terme.
Indépendance : La banque centrale ne reçoit d’ordres ni des gouvernements ni des institutions européennes. C’est écrit dans les traités européens.
Canaux de transmission : Les chemins par lesquels les décisions de la banque centrale touchent l’économie : taux, crédit, Bourse, valeur de l’euro, attentes.
Les chiffres à connaître
2,50 % / 2,65 % / 2,90 % : taux de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal, à compter du 16 septembre 2026 (hausse de 0,25 point). BCE, décision du 10 septembre 2026.
3,0 % en 2026, 2,5 % en 2027, 2,1 % en 2028 : inflation projetée par la BCE pour la zone euro ; croissance projetée de 0,9 % en 2026. BCE, projections de septembre 2026.
2 % : cible d’inflation à moyen terme. Stratégie de politique monétaire de la BCE.
2,50 % / 2,65 % / 2,90 % : les trois taux de la BCE depuis le 16 septembre 2026, après une hausse de 0,25 point. BCE, décision du 10 septembre 2026.
3,0 % en 2026, 2,5 % en 2027, 2,1 % en 2028 : l’inflation prévue par la BCE pour la zone euro. Croissance prévue : 0,9 % en 2026. BCE, projections de septembre 2026.
2 % : l’inflation que vise la BCE à moyen terme. Stratégie de la BCE.
Ce qu'en disent les économistes
Kydland et Prescott (1977) montrent qu’un gouvernement est tenté de créer de l’inflation à court terme : confier la monnaie à une banque centrale indépendante rend l’engagement de stabilité crédible. John Taylor (1993) propose une règle simple : le taux doit monter plus que l’inflation quand celle-ci dépasse la cible, et baisser quand l’activité est sous son potentiel.
Kydland et Prescott (1977) montrent qu’un gouvernement est tenté de faire un peu d’inflation pour gagner du temps. Confier la monnaie à une banque centrale indépendante rend la promesse de prix stables crédible. John Taylor (1993) propose une règle simple : monter les taux plus fort que l’inflation quand elle dépasse l’objectif, et les baisser quand l’activité est faible.
Piège / à ne pas confondre
La BCE ne fixe pas directement les taux des crédits immobiliers ni celui du Livret A : elle influence le coût de la ressource des banques, qui fixent librement leurs taux, et le Livret A obéit à une formule réglementaire. Autre piège : une hausse des taux ne fait pas baisser les prix, elle en ralentit la hausse.
La BCE ne fixe pas elle-même le taux de ton prêt immobilier ni celui du Livret A. Elle change ce que l’argent coûte aux banques, qui fixent ensuite leurs taux. Le Livret A suit une formule fixée par l’État. Autre piège : monter les taux ne fait pas baisser les prix, ça les fait monter moins vite.
Pour anticiper
Avant chaque réunion, regarde l’inflation sous-jacente de la zone euro, les salaires et les anticipations d’inflation : ce sont les données qui guident la BCE. Lis le communiqué et la conférence de presse : les mots comptent (« dépendant des données », « pas d’engagement préalable »). Le dilemme de 2026 (inflation importée et croissance faible) rend chaque décision serrée.
Avant chaque réunion, regarde l’inflation hors énergie de la zone euro, les salaires et ce que les gens attendent pour les prix. C’est ce que regarde la BCE. Lis son communiqué : chaque mot compte. En 2026, avec une inflation venue du pétrole et une croissance faible, chaque décision est serrée.
À retenir
BCE indépendante, mandat : inflation à 2 % à moyen terme. Trois taux directeurs, le taux de dépôt est le taux pilote. Transmission par les taux, le crédit, les actifs, le change et les anticipations, avec 12 à 18 mois de décalage.
La BCE est indépendante et vise 2 % d’inflation. Elle fixe trois taux, surtout celui des dépôts. Ses décisions se transmettent aux crédits, à l’épargne, à la Bourse, à l’euro, et mettent 12 à 18 mois à produire leurs effets.
Les taux d'intérêt
Partie II — L'épargne et les marchés financiers · A. Le prix du temps
Fil conducteur
Tom place 1 000 € sur son Livret A à 1,7 %. Avec 2,4 % d'inflation, s'enrichit-il ?
En une phrase
Le TAUX D’INTÉRÊT est le prix du temps : la rémunération qu’exige un prêteur pour renoncer à son argent pendant une durée donnée, qui dépend de l’inflation attendue, de la durée et du risque de l’emprunteur.
Le taux d’intérêt, c’est le prix du temps. C’est ce que demande un prêteur pour se passer de son argent pendant un moment. Il dépend de l’inflation attendue, de la durée et du risque de ne pas être remboursé.
Pourquoi c'est important
Les taux déterminent le coût d’un crédit immobilier, la charge de la dette publique, la rentabilité d’un investissement et le prix des actifs financiers. Ils relient le présent et le futur : une hausse des taux rend l’avenir « moins cher » à attendre et le crédit plus coûteux.
Les taux décident du coût d’un prêt immobilier, de ce que coûte la dette de l’État, de l’intérêt d’investir et du prix des placements. Ils font le lien entre aujourd’hui et demain.
Comment ça marche
TAUX NOMINAL : le taux affiché. TAUX RÉEL ≈ taux nominal − inflation : c’est lui qui mesure le vrai gain du prêteur et le vrai coût pour l’emprunteur.
Le taux dépend de trois composantes : la rémunération du temps (renoncer à consommer), l’inflation anticipée, et la PRIME DE RISQUE (risque de défaut, de liquidité).
Taux courts : guidés par la banque centrale. Taux longs : fixés sur les marchés, ils reflètent les anticipations de taux courts futurs, d’inflation et le risque sur la durée.
La COURBE DES TAUX représente les taux selon la durée. Normalement croissante ; inversée (taux courts supérieurs aux taux longs), elle a souvent précédé les récessions.
L’écart de taux entre deux emprunteurs (le « spread »), par exemple entre la France et l’Allemagne à dix ans, mesure la prime de risque exigée par les investisseurs.
Le taux nominal, c’est le taux affiché. Le taux réel, c’est à peu près le taux affiché moins l’inflation. C’est lui qui dit ce que le prêteur gagne vraiment, et ce que l’emprunteur paie vraiment.
Un taux paie trois choses : l’attente (renoncer à dépenser tout de suite), l’inflation prévue, et le risque (ne pas être remboursé, ou ne pas pouvoir récupérer son argent vite).
Les taux à court terme suivent la banque centrale. Les taux à long terme se fixent sur les marchés : ils reflètent ce que les investisseurs attendent pour les taux et l’inflation à venir, et le risque sur la durée.
La courbe des taux montre les taux selon la durée du prêt. En temps normal, elle monte. Quand elle s’inverse (le court plus cher que le long), une récession a souvent suivi.
L’écart de taux entre deux emprunteurs (le « spread »), par exemple entre la France et l’Allemagne sur dix ans, montre le supplément demandé pour le risque.
Courbe des taux normale et courbe inversée. Normalement, emprunter longtemps coûte plus cher. Quand les taux courts dépassent les taux longs, les marchés parient sur une baisse future des taux, souvent parce qu'ils anticipent une récession.
Exemple concret
Livret A à 1,7 %, inflation à 2,4 % : le taux réel de Tom est d’environ −0,7 %. Ses 1 000 € deviennent 1 017 €, mais achètent un peu moins qu’un an plus tôt. À l’inverse, Léa, qui a emprunté à taux fixe il y a quelques années, voit le coût réel de sa dette allégé par l’inflation. Et quand l’État français emprunte à dix ans à près de 4,5 % alors que l’Allemagne paie environ un point de moins, c’est la prime de risque qui s’exprime.
Livret A à 1,7 %, prix en hausse de 2,4 % : Tom perd environ 0,7 % de pouvoir d’achat. Ses 1 000 € deviennent 1 017 €, mais achètent un peu moins qu’un an avant. À l’inverse, Léa, qui a emprunté à taux fixe il y a quelques années, voit sa dette s’alléger avec l’inflation. Et quand l’État français emprunte sur dix ans à près de 4,5 % alors que l’Allemagne paie environ un point de moins, c’est le prix du risque.
Vocabulaire
Taux d’intérêt : Rémunération d’un prêt, exprimée en pourcentage du capital par an.
Taux réel : Taux nominal corrigé de l’inflation (approximativement, taux nominal moins inflation).
Courbe des taux : Représentation des taux d’intérêt d’un même emprunteur en fonction de la durée des prêts.
Prime de risque : Supplément de rendement exigé pour détenir un actif plus risqué qu’un actif de référence.
Point de base : Centième de point de pourcentage (0,01 %). Un écart de 100 points de base vaut 1 point.
Taux d’intérêt : Ce que rapporte un prêt, en pourcentage de la somme prêtée, par an.
Taux réel : Le taux corrigé de l’inflation : en gros, le taux moins l’inflation.
Courbe des taux : Le dessin des taux d’un même emprunteur selon la durée du prêt.
Prime de risque : Le supplément demandé pour prêter à quelqu’un de plus risqué.
Point de base : Un centième de point de pourcentage (0,01 %). 100 points de base font 1 point.
Les chiffres à connaître
≈ 4,55 % : taux de l’emprunt d’État français à dix ans (OAT) le 18 septembre 2026, un plus haut depuis près de vingt ans ; écart avec l’Allemagne d’environ 105 points de base, du jamais-vu depuis 2012. Marchés obligataires, 18 septembre 2026.
1,7 % : taux du Livret A depuis le 1er août 2026 ; LEP à 2,5 %. Ministère de l’Économie, juillet 2026.
3,31 % : taux moyen des crédits immobiliers en août 2026. Observatoire Crédit Logement/CSA.
≈ 4,55 % : le taux auquel l’État français empruntait sur dix ans le 18 septembre 2026, le plus haut depuis près de vingt ans. Il paie environ 1,05 point de plus que l’Allemagne, un écart jamais vu depuis 2012. Marchés obligataires, 18 septembre 2026.
1,7 % : le taux du Livret A depuis le 1er août 2026 ; le LEP rapporte 2,5 %. Ministère de l’Économie, juillet 2026.
3,31 % : le taux moyen des prêts immobiliers en août 2026. Observatoire Crédit Logement/CSA.
Ce qu'en disent les économistes
Irving Fisher (1930) formalise la relation entre taux nominal, taux réel et inflation anticipée (« effet Fisher »). Pour les classiques, le taux d’intérêt équilibre l’épargne et l’investissement ; pour Keynes, il rémunère la renonciation à la liquidité et se fixe sur le marché de la monnaie. Knut Wicksell distinguait le taux « naturel », compatible avec des prix stables, du taux de marché.
Irving Fisher (1930) décrit le lien entre le taux affiché, le taux réel et l’inflation attendue. Pour les classiques, le taux d’intérêt équilibre l’épargne et l’investissement. Pour Keynes, il paie le fait de renoncer à avoir de l’argent disponible tout de suite. Knut Wicksell distinguait un taux « naturel », qui garde les prix stables, du taux pratiqué sur le marché.
Piège / à ne pas confondre
Un taux élevé n’est pas forcément un bon placement : seul compte le taux réel, après inflation et impôts. Et une « baisse des taux » peut désigner les taux directeurs de la BCE, les taux des crédits ou les taux longs de marché, qui ne bougent pas forcément ensemble : en 2026, les taux longs français ont monté plus vite que ceux de la BCE, à cause du risque budgétaire.
Un taux élevé n’est pas forcément un bon placement : ce qui compte, c’est ce qui reste après l’inflation et les impôts. Et « les taux baissent » peut parler des taux de la BCE, des taux des crédits ou des taux de marché à long terme, qui ne bougent pas toujours ensemble. En 2026, les taux longs français ont monté plus vite que ceux de la BCE, à cause des inquiétudes sur le budget.
Pour anticiper
Suis trois choses : le taux à dix ans français (il pilote les taux immobiliers et la charge de la dette), son écart avec l’Allemagne (le baromètre de la confiance dans les finances publiques françaises), et la pente de la courbe des taux (une inversion durable annonce souvent un ralentissement).
Suis trois choses : le taux à dix ans de la France (il guide les prêts immobiliers et le coût de la dette), son écart avec l’Allemagne (il mesure la confiance dans les finances françaises), et la forme de la courbe des taux (si elle s’inverse durablement, un ralentissement suit souvent).
À retenir
Taux réel ≈ nominal − inflation. Taux = temps + inflation anticipée + prime de risque. Courts : banque centrale ; longs : marchés. Courbe inversée = signal de récession. Spread = prime de risque.
Ce que tu gagnes vraiment, c’est le taux moins l’inflation. Un taux paie l’attente, l’inflation et le risque. La banque centrale guide les taux courts, les marchés les taux longs. Une courbe inversée annonce souvent une récession. L’écart entre deux pays mesure le risque.
Actions et obligations
Partie II — L'épargne et les marchés financiers · B. Les marchés financiers
Fil conducteur
Pour financer une seconde boutique, Léa pourrait emprunter à sa banque, faire entrer un associé au capital, ou, si elle dirigeait une grande entreprise, émettre des titres sur les marchés.
En une phrase
Les entreprises et les États se financent sur les marchés financiers en émettant des ACTIONS (titres de propriété, rémunérés par des dividendes incertains) et des OBLIGATIONS (titres de dette, rémunérés par un intérêt fixé à l’avance).
Pour trouver de l’argent, les entreprises et les États vendent des titres. Les actions sont des parts de l’entreprise : elles peuvent rapporter beaucoup ou rien. Les obligations sont des prêts : elles rapportent un intérêt connu d’avance.
Pourquoi c'est important
Les marchés financiers orientent l’épargne vers les projets d’investissement et fixent le coût de financement des entreprises et des États. Leurs variations influencent la richesse des ménages (assurance-vie, plans d’épargne), les retraites dans de nombreux pays, et la confiance des agents.
Les marchés financiers dirigent l’épargne vers ceux qui veulent investir, et décident de ce que coûte l’argent aux entreprises et aux États. Leurs hauts et bas changent la richesse des ménages (assurance-vie, plans d’épargne), les retraites dans beaucoup de pays, et le moral de tous.
Comment ça marche
Une ACTION donne une part du capital : droit de vote et droit à une part des bénéfices (le dividende), sans garantie. Son cours reflète les bénéfices futurs attendus, actualisés.
Une OBLIGATION est un prêt : l’émetteur verse un intérêt (le coupon) et rembourse le capital à l’échéance. Le risque est plus faible, sauf défaut de l’émetteur.
MARCHÉ PRIMAIRE : émission de titres neufs, qui apporte des fonds à l’émetteur. MARCHÉ SECONDAIRE (la Bourse) : échange de titres déjà émis entre investisseurs ; il assure la liquidité.
Relation fondamentale : quand les taux d’intérêt montent, le prix des obligations déjà émises baisse, et inversement. La hausse des taux pèse aussi sur les actions, car elle réduit la valeur actuelle des bénéfices futurs.
En cas de faillite, les créanciers (obligataires) sont remboursés avant les actionnaires, qui passent en dernier.
Une action, c’est un morceau de l’entreprise. Elle donne le droit de voter et de toucher une part des bénéfices (le dividende), sans garantie. Son prix dépend des bénéfices qu’on attend dans le futur.
Une obligation, c’est un prêt. L’entreprise ou l’État verse un intérêt (le coupon) et rend la somme à la fin. C’est moins risqué, sauf si l’emprunteur fait faillite.
Le marché « primaire », c’est quand les titres sont vendus pour la première fois : l’argent va à l’entreprise ou à l’État. Le marché « secondaire » (la Bourse), c’est quand les investisseurs se revendent les titres entre eux.
Règle clé : quand les taux montent, les obligations déjà vendues perdent de la valeur, et l’inverse. Les actions souffrent aussi, car les bénéfices futurs valent moins aujourd’hui.
En cas de faillite, ceux qui ont prêté sont remboursés avant les actionnaires, qui passent en dernier.
Quand les taux montent, le prix d'une obligation existante baisse. Une obligation existante verse un coupon fixe. Si les nouveaux emprunts rapportent plus, elle ne se vend qu'à prix réduit : prix et taux évoluent en sens inverse.
Exemple concret
En 2024, Tom achète 1 000 € d’une obligation d’État à dix ans qui verse 3 % par an. En septembre 2026, l’État emprunte à dix ans à environ 4,5 %. Personne ne paiera 1 000 € pour un titre à 3 % quand on peut obtenir 4,5 % : pour revendre, Tom devrait accepter une décote. S’il garde le titre jusqu’à l’échéance, il récupérera ses 1 000 € et aura touché ses coupons : la perte n’existe que s’il vend avant.
En 2024, Tom achète pour 1 000 € une obligation de l’État sur dix ans qui rapporte 3 % par an. En septembre 2026, l’État emprunte sur dix ans à environ 4,5 %. Personne ne paiera 1 000 € pour un titre à 3 % quand on peut avoir 4,5 %. Pour la revendre, Tom devrait baisser son prix. S’il la garde jusqu’au bout, il récupérera ses 1 000 € et aura touché ses intérêts : il ne perd que s’il vend avant.
Vocabulaire
Action : Titre de propriété représentant une fraction du capital d’une société.
Obligation : Titre de créance représentant une fraction d’un emprunt, avec intérêt et remboursement prévus.
Dividende : Part du bénéfice distribuée aux actionnaires ; son montant n’est pas garanti.
Marché primaire : Marché des titres nouvellement émis, où l’émetteur lève des fonds.
Marché secondaire : Marché où s’échangent les titres déjà émis ; il donne leur liquidité aux titres.
Action : Une part du capital d’une entreprise.
Obligation : Un morceau d’un prêt fait à une entreprise ou à un État, avec intérêts et remboursement prévus.
Dividende : La part des bénéfices versée aux actionnaires. Elle n’est pas garantie.
Marché primaire : Là où les titres sont vendus pour la première fois ; l’argent va à l’émetteur.
Marché secondaire : Là où les investisseurs se revendent les titres. Il permet de récupérer son argent avant la fin.
Les chiffres à connaître
6 590,7 Md€ : patrimoine financier des ménages français fin 2025, réparti entre dépôts bancaires (32 %), assurance-vie (33 %) et actions et fonds (27 %). Banque de France, juillet 2026.
≈ 4,55 % : rendement de l’OAT à dix ans le 18 septembre 2026, contre environ 3,5 % pour l’emprunt allemand de même durée. Marchés obligataires, 18 septembre 2026.
6 590,7 Md€ : ce que possédaient les ménages français en placements financiers fin 2025 : un tiers sur des comptes en banque (32 %), un tiers en assurance-vie (33 %), un gros quart en actions et fonds (27 %). Banque de France, juillet 2026.
≈ 4,55 % : ce que rapportait une obligation de l’État français sur dix ans le 18 septembre 2026, contre environ 3,5 % pour l’Allemagne. Marchés obligataires, 18 septembre 2026.
Ce qu'en disent les économistes
Eugene Fama (Nobel 2013) défend l’hypothèse d’efficience : les prix intègrent toute l’information disponible, il est donc impossible de battre durablement le marché. Robert Shiller, Nobel la même année, montre au contraire que les cours fluctuent bien plus que les dividendes ne le justifient, sous l’effet de l’« exubérance irrationnelle ». Keynes comparait la Bourse à un concours de beauté où l’on vote pour ce que les autres trouveront beau.
Eugene Fama (prix Nobel 2013) pense que les prix tiennent déjà compte de tout ce qu’on sait : impossible de battre le marché durablement. Robert Shiller, Nobel la même année, montre au contraire que les cours bougent bien plus que ce que justifient les bénéfices, poussés par l’euphorie ou la panique. Keynes comparait la Bourse à un concours de beauté où l’on vote pour la personne que les autres trouveront belle.
Piège / à ne pas confondre
Une obligation n’est pas sans risque : son prix baisse si les taux montent, et l’émetteur peut faire défaut. Autre piège : quand un cours de Bourse monte, l’entreprise ne reçoit pas d’argent ; seul le marché primaire la finance directement.
Une obligation n’est pas sans risque : son prix baisse quand les taux montent, et l’emprunteur peut ne pas rembourser. Autre piège : quand une action monte en Bourse, l’entreprise ne touche rien. Elle ne reçoit de l’argent que lorsqu’elle vend de nouveaux titres.
Pour anticiper
Une hausse des taux longs fait baisser les obligations existantes et freine les actions, surtout celles des entreprises dont les bénéfices sont attendus loin dans le futur (technologie). Les fonds en euros d’assurance-vie, investis en obligations, ne profitent des taux plus élevés que progressivement, à mesure que les anciennes obligations arrivent à échéance.
Quand les taux longs montent, les obligations déjà achetées perdent de la valeur et les actions ralentissent, surtout celles d’entreprises qui promettent des bénéfices lointains (la technologie). L’assurance-vie en euros, placée en obligations, ne profite des taux plus hauts que petit à petit, quand les anciennes obligations arrivent à leur terme.
À retenir
Action = propriété, dividende incertain, risque plus élevé. Obligation = dette, coupon fixe, remboursement prioritaire. Primaire = financement ; secondaire = liquidité. Taux ↑ ⇒ prix des obligations ↓.
L’action, c’est être propriétaire : ça peut rapporter beaucoup ou rien. L’obligation, c’est prêter : intérêt connu, remboursé en premier. Le premier marché finance, le second permet de revendre. Quand les taux montent, les obligations existantes baissent.
Épargner : risque, rendement et temps
Partie II — L'épargne et les marchés financiers · B. Les marchés financiers
Fil conducteur
Tom vient de signer son premier CDI. Il veut mettre 200 € de côté chaque mois, mais ne sait pas où : Livret A, assurance-vie, actions ?
En une phrase
Il n’existe pas de placement à la fois très rentable, sans risque et disponible à tout moment : épargner, c’est arbitrer entre RENDEMENT, RISQUE et LIQUIDITÉ, en tenant compte de son horizon et de la puissance des intérêts composés.
Aucun placement ne rapporte beaucoup, sans risque, et avec l’argent dispo à tout moment. Épargner, c’est choisir entre ces trois qualités, selon le temps devant soi. Et le temps fait travailler l’argent grâce aux intérêts sur les intérêts.
Pourquoi c'est important
Les ménages français épargnent beaucoup mais placent une grande part de leur épargne sur des supports peu risqués et peu rémunérés. Comprendre la relation entre risque et rendement évite de se faire piéger par des promesses irréalistes et permet de faire des choix adaptés à ses projets.
Les Français épargnent beaucoup, mais placent une grosse partie de cet argent sur des supports sûrs qui rapportent peu. Comprendre le lien entre risque et rendement évite de se faire avoir par des promesses trop belles, et aide à choisir selon ses projets.
Comment ça marche
COUPLE RENDEMENT-RISQUE : un rendement attendu plus élevé est la contrepartie d’un risque plus grand. Un placement « garanti à 10 % » est presque toujours une arnaque.
INTÉRÊTS COMPOSÉS : les intérêts réinvestis produisent eux-mêmes des intérêts. L’effet est faible sur quelques années et considérable sur plusieurs décennies.
DIVERSIFICATION : répartir son épargne entre plusieurs actifs, secteurs et pays réduit le risque global sans réduire autant le rendement attendu.
HORIZON : sur de longues durées, les actions ont historiquement rapporté davantage que les placements sans risque, mais avec des baisses fortes et parfois longues. Un argent dont on a besoin à court terme ne doit pas être placé en actions.
Toujours raisonner en rendement réel, après inflation, frais et impôts.
Plus un placement peut rapporter, plus il peut faire perdre. Un placement « garanti à 10 % » est presque toujours une arnaque.
Les intérêts sur les intérêts : si tu laisses les intérêts, ils rapportent à leur tour. Presque rien sur quelques années, énorme sur plusieurs dizaines d’années.
Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier : répartir entre plusieurs placements, secteurs et pays réduit le risque, sans trop réduire ce que tu peux gagner.
Le temps : sur de longues périodes, les actions ont en général rapporté plus que les placements sûrs, mais avec des chutes fortes et parfois longues. L’argent dont tu auras besoin bientôt ne doit pas aller en actions.
Raisonne toujours après inflation, frais et impôts.
Intérêts simples contre intérêts composés. À 5 % par an pendant 30 ans, 1 000 € deviennent 2 500 € si les intérêts sont retirés chaque année, et environ 4 322 € s'ils sont réinvestis.
Exemple concret
Tom garde trois mois de dépenses sur son Livret A (disponible, sans risque, mais rendement réel légèrement négatif en 2026). Pour sa retraite, dans quarante ans, il place le reste de ses 200 € mensuels sur des supports diversifiés en actions : il accepte que la valeur baisse certaines années, parce qu’il n’aura pas besoin de cet argent avant longtemps. À 5 % par an, 1 000 € placés aujourd’hui vaudraient environ 7 000 € dans quarante ans ; à 1,7 %, environ 2 000 €.
Tom garde sur son Livret A de quoi couvrir trois mois de dépenses : dispo à tout moment, sans risque, mais qui rapporte un peu moins que l’inflation en 2026. Pour sa retraite, dans quarante ans, il place le reste de ses 200 € par mois sur plusieurs placements en actions. Il accepte que ça baisse certaines années, car il n’a pas besoin de cet argent avant longtemps. À 5 % par an, 1 000 € placés aujourd’hui vaudraient environ 7 000 € dans quarante ans ; à 1,7 %, environ 2 000 €.
Vocabulaire
Intérêts composés : Mécanisme par lequel les intérêts sont ajoutés au capital et produisent à leur tour des intérêts.
Diversification : Répartition d’un patrimoine entre des actifs dont les variations ne sont pas parfaitement liées, pour réduire le risque.
Couple rendement-risque : Relation selon laquelle un rendement espéré plus élevé suppose d’accepter un risque plus élevé.
Horizon de placement : Durée pendant laquelle l’épargnant peut laisser son argent investi sans en avoir besoin.
Intérêts composés : Les intérêts s’ajoutent à la somme placée, et rapportent à leur tour.
Diversification : Répartir son argent entre des placements qui ne montent et ne baissent pas tous en même temps, pour limiter le risque.
Couple rendement-risque : Plus on veut gagner, plus il faut accepter de pouvoir perdre.
Horizon de placement : Le temps pendant lequel tu peux laisser ton argent placé sans en avoir besoin.
Les chiffres à connaître
1,7 % (Livret A et LDDS) et 2,5 % (LEP) : taux de l’épargne réglementée depuis le 1er août 2026. Ministère de l’Économie, juillet 2026.
608,3 Md€ sur les Livrets A et LDDS et 83,5 Md€ sur les LEP fin juin 2026. Caisse des dépôts, juillet 2026.
17,9 % : taux d’épargne des ménages en 2025, l’un des plus élevés d’Europe. INSEE.
1,7 % (Livret A et LDDS) et 2,5 % (LEP) : ce que rapporte l’épargne réglementée depuis le 1er août 2026. Ministère de l’Économie, juillet 2026.
608,3 Md€ sur les Livrets A et LDDS, et 83,5 Md€ sur les LEP, fin juin 2026. Caisse des dépôts, juillet 2026.
17,9 % : la part de leurs revenus que les ménages ont épargnée en 2025, l’une des plus fortes d’Europe. INSEE.
Ce qu'en disent les économistes
Harry Markowitz (1952, Nobel 1990) fonde la théorie moderne du portefeuille : la diversification réduit le risque. Franco Modigliani (Nobel 1985) décrit le « cycle de vie » : on s’endette jeune, on épargne en âge actif, on désépargne à la retraite. Les travaux d’économie comportementale (Richard Thaler, Nobel 2017) montrent nos biais : aversion aux pertes, procrastination, excès de confiance.
Harry Markowitz (1952, prix Nobel 1990) montre que répartir ses placements réduit le risque. Franco Modigliani (prix Nobel 1985) décrit le « cycle de vie » : on emprunte jeune, on épargne pendant sa vie active, on puise dans son épargne à la retraite. Richard Thaler (prix Nobel 2017) montre nos travers : peur exagérée de perdre, tendance à remettre à plus tard, trop grande confiance en soi.
Piège / à ne pas confondre
Garanti ne veut pas dire rentable : un placement garanti peut perdre du pouvoir d’achat. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Et diversifier ne supprime pas tout risque : lors d’une crise générale, presque tous les actifs risqués baissent ensemble.
Garanti ne veut pas dire rentable : un placement garanti peut quand même perdre face à l’inflation. Ce qui a marché hier ne marchera pas forcément demain. Et répartir ne supprime pas tout risque : dans une grosse crise, presque tout baisse en même temps.
Pour anticiper
Quand l’inflation repart et que les taux montent, l’épargne réglementée est relevée avec retard, les obligations nouvelles deviennent plus attractives et les actions sont plus volatiles. Surveille le taux réel de ton épargne : c’est lui qui dit si tu t’enrichis ou si tu t’appauvris.
Quand l’inflation repart et que les taux montent, les livrets sont relevés avec retard, les nouvelles obligations rapportent plus, et les actions bougent davantage. Surveille ce que ton épargne rapporte après inflation : c’est ça qui dit si tu t’enrichis ou pas.
À retenir
Rendement, risque, liquidité : on ne peut pas tout avoir. Intérêts composés : le temps est le premier allié. Diversifier. Adapter le placement à l’horizon. Raisonner en rendement réel net de frais et d’impôts.
Rapporter, être sûr, être disponible : on ne peut pas tout avoir. Le temps fait grossir l’épargne. Répartis tes placements. Choisis selon quand tu auras besoin de l’argent. Compte toujours après inflation, frais et impôts.
Bulles et crises financières
Partie II — L'épargne et les marchés financiers · C. Quand la finance déraille
Fil conducteur
Le père de Léa raconte souvent 2008 : il avait vu ses placements fondre et sa banque devenir soudain très réticente à prêter à la boulangerie familiale.
En une phrase
Une BULLE se forme quand le prix d’un actif s’écarte durablement de sa valeur fondamentale, porté par le crédit et l’euphorie ; son éclatement peut déclencher une crise financière qui se propage à l’économie réelle.
Une bulle, c’est quand le prix d’un placement s’envole bien au-delà de ce qu’il vaut, poussé par le crédit et l’euphorie. Quand elle éclate, la crise peut toucher toute l’économie.
Pourquoi c'est important
Les crises financières sont parmi les événements économiques les plus destructeurs : chute de la production, chômage, dette publique en forte hausse. Elles se répètent sous des formes différentes. Savoir reconnaître leurs signes avant-coureurs aide à s’en protéger.
Les crises financières font partie des pires coups pour l’économie : production en chute, chômage, dette de l’État qui explose. Elles reviennent sous des formes différentes. Savoir repérer les signes avant-coureurs aide à s’en protéger.
Comment ça marche
Phase d’euphorie : une nouveauté (chemin de fer, internet, immobilier, cryptoactifs) justifie l’optimisme ; la hausse des prix attire de nouveaux acheteurs, financés à crédit.
L’EFFET DE LEVIER (acheter avec de l’argent emprunté) amplifie les gains à la hausse et les pertes à la baisse.
Éclatement : un choc révèle la surévaluation ; les ventes forcées font chuter les prix, les emprunteurs ne peuvent plus rembourser, les banques subissent des pertes.
Contagion : méfiance entre banques, PANIQUE BANCAIRE (retraits massifs), gel du crédit, faillites. Le RISQUE SYSTÉMIQUE est celui qu’une défaillance entraîne tout le système.
Réponses : la banque centrale agit en PRÊTEUR EN DERNIER RESSORT, l’État garantit les dépôts (100 000 € par déposant et par banque dans l’UE), recapitalise les banques et relance ; la régulation prudentielle (Bâle III) impose davantage de fonds propres.
L’euphorie : une nouveauté (chemin de fer, internet, immobilier, cryptomonnaies) rend optimiste. Les prix montent, ce qui attire de nouveaux acheteurs, souvent à crédit.
L’effet de levier : acheter avec de l’argent emprunté. Ça multiplie les gains quand ça monte, et les pertes quand ça baisse.
L’éclatement : un choc montre que les prix sont trop hauts. Des gens doivent vendre en urgence, les prix s’effondrent, des emprunteurs ne remboursent plus, les banques perdent de l’argent.
La contagion : les banques se méfient les unes des autres, les clients se ruent pour retirer leur argent, le crédit se bloque, des entreprises font faillite. Le risque systémique, c’est qu’une chute entraîne tout le système.
Les réponses : la banque centrale prête à ceux qui ne trouvent plus personne, l’État garantit les dépôts (100 000 € par personne et par banque dans l’UE), renfloue les banques et relance ; les règles obligent les banques à être plus solides.
Exemple concret
2007-2008 : aux États-Unis, des crédits immobiliers accordés à des ménages fragiles (« subprimes ») sont regroupés en titres complexes vendus dans le monde entier. La hausse des taux et le retournement de l’immobilier provoquent des défauts en chaîne. Le 15 septembre 2008, Lehman Brothers fait faillite ; les banques cessent de se prêter entre elles. En France, le PIB recule nettement en 2009 et le chômage monte. La banque de la boulangerie familiale, inquiète, resserre le crédit.
2007-2008 : aux États-Unis, on a prêté pour acheter des maisons à des ménages fragiles (les « subprimes »). Ces prêts ont été emballés dans des produits compliqués, vendus partout dans le monde. Quand les taux ont monté et que l’immobilier a baissé, les défauts de paiement se sont enchaînés. Le 15 septembre 2008, la banque Lehman Brothers fait faillite, et les banques arrêtent de se prêter entre elles. En France, le PIB recule nettement en 2009 et le chômage monte. La banque de la boulangerie familiale, inquiète, prête beaucoup moins.
Vocabulaire
Bulle spéculative : Hausse auto-entretenue du prix d’un actif au-delà de sa valeur fondamentale, nourrie par l’anticipation de nouvelles hausses.
Effet de levier : Utilisation de l’endettement pour accroître la taille d’un investissement, qui amplifie gains et pertes.
Panique bancaire : Retraits massifs et simultanés des déposants qui craignent la faillite de leur banque, pouvant la provoquer.
Risque systémique : Risque que la défaillance d’un acteur se propage à l’ensemble du système financier.
Prêteur en dernier ressort : Rôle de la banque centrale qui fournit des liquidités aux banques solvables lorsque plus personne ne leur prête.
Bulle spéculative : Un prix qui s’envole bien au-dessus de ce que vaut le bien, parce que chacun espère qu’il montera encore.
Effet de levier : Investir avec de l’argent emprunté. Ça grossit les gains comme les pertes.
Panique bancaire : Quand tous les clients retirent leur argent en même temps par peur de la faillite, ce qui peut la provoquer.
Risque systémique : Le risque que la chute d’un acteur entraîne tout le système financier.
Prêteur en dernier ressort : Le rôle de la banque centrale qui prête aux banques solides quand plus personne ne veut leur prêter.
Les chiffres à connaître
1929, 1987, 2000, 2008, 2010-2012, 2023 : krach de Wall Street, krach boursier d’octobre, éclatement de la bulle internet, crise des subprimes, crise des dettes souveraines de la zone euro, faillites de banques régionales américaines (Silicon Valley Bank) et rachat de Credit Suisse. Chronologie des crises financières.
100 000 € : montant garanti par déposant et par établissement en cas de faillite d’une banque dans l’Union européenne. Directive 2014/49/UE.
1929, 1987, 2000, 2008, 2010-2012, 2023 : krach de Wall Street, krach d’octobre, fin de la bulle internet, crise des subprimes, crise des dettes de la zone euro, faillites de banques régionales américaines (Silicon Valley Bank) et rachat de Credit Suisse. Chronologie des crises financières.
100 000 € : la somme garantie par personne et par banque si une banque fait faillite dans l’Union européenne. Directive 2014/49/UE.
Ce qu'en disent les économistes
Charles Kindleberger (Manias, Panics and Crashes, 1978) décrit la mécanique répétitive des crises. Hyman Minsky montre que la stabilité engendre l’instabilité : les périodes calmes encouragent la prise de risque et l’endettement jusqu’au « moment Minsky ». Ben Bernanke, Douglas Diamond et Philip Dybvig (Nobel 2022) expliquent pourquoi les banques sont vulnérables aux paniques et pourquoi leur faillite aggrave les crises.
Charles Kindleberger (1978) décrit comment les crises suivent toujours à peu près le même scénario. Hyman Minsky montre que le calme prépare la tempête : quand tout va bien, on prend plus de risques et on s’endette plus, jusqu’à la rupture. Ben Bernanke, Douglas Diamond et Philip Dybvig (prix Nobel 2022) expliquent pourquoi les banques sont fragiles face aux paniques, et pourquoi leur chute aggrave les crises.
Piège / à ne pas confondre
Une forte hausse de prix n’est pas forcément une bulle : elle peut refléter une amélioration réelle des perspectives. On ne reconnaît souvent une bulle avec certitude qu’après son éclatement. Autre piège : « cette fois, c’est différent » est la phrase qui précède la plupart des crises.
Une forte hausse n’est pas forcément une bulle : elle peut refléter de vraies bonnes nouvelles. Souvent, on n’est sûr que c’était une bulle qu’une fois qu’elle a éclaté. Et méfie-toi de la phrase « cette fois, c’est différent » : elle précède la plupart des crises.
Pour anticiper
Signaux d’alerte : crédit qui progresse bien plus vite que l’économie, prix d’actifs très au-dessus de leurs moyennes historiques, recours massif à l’endettement, nouveaux produits que peu de gens comprennent, et remontée rapide des taux qui fragilise les emprunteurs. Les rapports de stabilité financière de la BCE et de la Banque de France les recensent deux fois par an.
Signes d’alerte : le crédit qui grossit bien plus vite que l’économie, des prix très au-dessus de leurs moyennes passées, beaucoup d’achats à crédit, de nouveaux produits que peu de gens comprennent, et des taux qui montent vite et mettent les emprunteurs en difficulté. La BCE et la Banque de France publient deux fois par an des rapports sur ces risques.
À retenir
Euphorie + crédit + levier → bulle → éclatement → contagion (panique, gel du crédit) → crise réelle. Réponses : prêteur en dernier ressort, garantie des dépôts, recapitalisation, régulation prudentielle.
Euphorie, crédit et argent emprunté gonflent une bulle. Quand elle éclate, la peur se propage, le crédit se bloque et l’économie plonge. Pour réagir : la banque centrale prête, les dépôts sont garantis, les banques sont renflouées et mieux encadrées.