Impôts et prélèvements obligatoires
Fil conducteur
Sur une baguette à 1,30 €, environ 7 centimes de TVA vont à l'État. Sur le salaire de Karim, des cotisations financent sa retraite et sa santé. Sur le bénéfice de Léa, il y a l'impôt sur le revenu.
En une phrase
Les PRÉLÈVEMENTS OBLIGATOIRES regroupent les impôts et les cotisations sociales que les agents doivent verser aux administrations publiques ; ils financent l’action publique et redistribuent, selon qu’ils sont proportionnels, progressifs ou dégressifs.
Les prélèvements obligatoires, ce sont les impôts et les cotisations qu’on doit payer aux administrations publiques. Ils financent les services publics, et prennent plus ou moins selon les revenus.
Pourquoi c'est important
La France a l’un des taux de prélèvements obligatoires les plus élevés au monde. Savoir qui paie quoi, et qui supporte réellement chaque impôt, permet de comprendre les débats sur le pouvoir d’achat, la compétitivité et la justice fiscale.
La France prélève l’une des plus grandes parts de sa richesse au monde. Savoir qui paie quoi, et qui supporte vraiment chaque impôt, aide à comprendre les débats sur le pouvoir d’achat, la compétitivité et la justice fiscale.
Comment ça marche
- Deux grandes familles : les IMPÔTS (sans contrepartie directe : TVA, impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, taxe foncière) et les COTISATIONS SOCIALES (ouvrant des droits : retraite, chômage).
- Impôt PROPORTIONNEL : même taux pour tous (la CSG sur les revenus d’activité, à peu de choses près). Impôt PROGRESSIF : le taux augmente avec la base (l’impôt sur le revenu, par tranches). Impôt dégressif : pèse plus lourd sur les petits revenus (la TVA, rapportée au revenu, car les ménages modestes consomment une plus grande part de leur revenu).
- Le TAUX MARGINAL est le taux appliqué au dernier euro gagné ; le taux moyen est l’impôt total rapporté au revenu. Avec un barème par tranches, le taux moyen est toujours inférieur au taux marginal.
- Impôts directs (payés par celui qui les supporte en principe : impôt sur le revenu) et indirects (inclus dans les prix : TVA, accises sur l’énergie).
- La TVA est le premier impôt en recettes ; l’impôt sur le revenu est payé par environ 45 % des foyers fiscaux, mais tous paient la TVA et la CSG.
- Il y a deux familles : les impôts (on les paie sans contrepartie directe : TVA, impôt sur le revenu, impôt sur les bénéfices, taxe foncière) et les cotisations sociales (elles donnent des droits : retraite, chômage).
- Un impôt proportionnel prend le même pourcentage à tous (la CSG sur les salaires, à peu près). Un impôt progressif prend un pourcentage plus élevé quand le revenu monte (l’impôt sur le revenu, par tranches). Un impôt dégressif pèse plus lourd sur les petits revenus (la TVA, car les ménages modestes dépensent une plus grande part de ce qu’ils gagnent).
- Le taux marginal, c’est le taux payé sur le dernier euro gagné. Le taux moyen, c’est l’impôt total divisé par le revenu. Avec des tranches, le taux moyen est toujours plus bas que le taux marginal.
- Impôts directs (payés par celui qui les supporte : l’impôt sur le revenu) et indirects (cachés dans les prix : TVA, taxes sur les carburants).
- La TVA est l’impôt qui rapporte le plus. L’impôt sur le revenu n’est payé que par environ 45 % des foyers, mais tout le monde paie la TVA et la CSG.
Exemple concret
La baguette de Léa est vendue 1,30 € TTC avec une TVA à 5,5 % : environ 1,23 € pour Léa, 0,07 € pour l’État. Si Tom gagne un euro de plus et qu’il est dans la tranche à 30 %, il paiera 30 centimes d’impôt sur cet euro, mais son taux moyen reste bien plus bas, car les premières tranches de son revenu sont taxées à 0 % et 11 %. Passer dans une tranche supérieure ne fait donc jamais baisser le revenu après impôt.
La baguette de Léa coûte 1,30 € avec une TVA de 5,5 % : environ 1,23 € pour Léa, 0,07 € pour l’État. Si Tom gagne un euro de plus et qu’il est dans la tranche à 30 %, il paiera 30 centimes sur cet euro. Mais au total, il paie bien moins de 30 %, car le début de son revenu est taxé à 0 % puis 11 %. Changer de tranche ne fait donc jamais baisser ce qui reste après impôt.
Vocabulaire
- Prélèvements obligatoires : Impôts et cotisations sociales effectives perçus par les administrations publiques et les institutions européennes.
- Impôt progressif : Impôt dont le taux moyen augmente avec la base d’imposition.
- Impôt proportionnel : Impôt dont le taux est identique quel que soit le montant de la base.
- Taux marginal : Taux d’imposition appliqué à la dernière unité de revenu ou à la tranche la plus élevée atteinte.
- TVA : Taxe sur la valeur ajoutée, impôt indirect sur la consommation collecté par les entreprises à chaque étape de production et supporté par le consommateur final.
- Prélèvements obligatoires : Les impôts et cotisations sociales qu’on doit verser aux administrations publiques.
- Impôt progressif : Un impôt qui prend un pourcentage plus élevé quand le revenu augmente.
- Impôt proportionnel : Un impôt qui prend le même pourcentage à tout le monde.
- Taux marginal : Le taux payé sur le dernier euro gagné.
- TVA : La taxe sur la valeur ajoutée, comprise dans le prix de ce qu’on achète. Les entreprises la collectent, le client final la paie.
Les chiffres à connaître
- 43,6 % du PIB : taux de prélèvements obligatoires en 2025, en hausse après 42,8 % en 2024. INSEE, mars 2026.
- ≈ 212 Md€ de TVA, ≈ 95 Md€ d’impôt sur le revenu, ≈ 157 Md€ de CSG : ordres de grandeur des principales recettes en 2025. Économie Matin, d’après les données budgétaires 2025.
- 5,5 %, 10 %, 20 % : taux de TVA réduit (alimentation), intermédiaire (restauration) et normal. Code général des impôts.
- 43,6 % du PIB : la part de la richesse prélevée en impôts et cotisations en 2025, contre 42,8 % en 2024. INSEE, mars 2026.
- ≈ 212 Md€ de TVA, ≈ 95 Md€ d’impôt sur le revenu, ≈ 157 Md€ de CSG : ce que rapportent, à peu près, les principaux prélèvements en 2025. Économie Matin, d’après les données budgétaires 2025.
- 5,5 %, 10 %, 20 % : les taux de TVA réduit (alimentation), intermédiaire (restaurant) et normal. Code général des impôts.
Ce qu'en disent les économistes
Adam Smith posait quatre règles d’un bon impôt : proportionné aux facultés, certain, commode, peu coûteux à percevoir. Arthur Laffer popularise l’idée que « trop d’impôt tue l’impôt » : au-delà d’un certain taux, les recettes baissent. Thomas Piketty et Emmanuel Saez montrent que la progressivité au sommet s’est fortement réduite dans de nombreux pays depuis les années 1980.
Adam Smith donnait quatre règles d’un bon impôt : adapté aux moyens de chacun, clair, facile à payer, peu coûteux à collecter. Arthur Laffer a rendu célèbre l’idée que « trop d’impôt tue l’impôt » : au-delà d’un certain taux, l’État encaisse moins. Thomas Piketty et Emmanuel Saez montrent que les plus riches sont beaucoup moins taxés qu’avant dans de nombreux pays depuis les années 1980.
Piège / à ne pas confondre
L’idée qu’on « gagne moins en changeant de tranche » est fausse : seul l’euro supplémentaire est taxé au taux de la nouvelle tranche. Et celui qui verse l’impôt n’est pas forcément celui qui le supporte : la TVA est versée par l’entreprise, mais payée par le consommateur ; une cotisation patronale peut peser, à terme, sur les salaires.
Non, on ne gagne pas moins en changeant de tranche : seuls les euros au-dessus du seuil sont taxés au nouveau taux. Et celui qui verse l’impôt n’est pas toujours celui qui le paie vraiment : la TVA est versée par le commerçant mais payée par le client ; une cotisation d’employeur peut, à la longue, freiner les salaires.
Pour anticiper
Chaque projet de loi de finances (présenté à l’automne) modifie barèmes, niches et taux. Pour en mesurer l’effet, regarde qui supporte réellement la mesure (élasticités) et son rendement attendu. Une hausse des recettes de TVA peut aussi venir simplement de l’inflation, sans hausse de taux.
Chaque budget, présenté à l’automne, change des barèmes, des avantages fiscaux et des taux. Pour en mesurer l’effet, demande-toi qui va vraiment payer et combien ça rapportera. Et si la TVA rapporte plus, c’est parfois juste parce que les prix ont monté, sans hausse de taux.
À retenir
Prélèvements obligatoires = impôts + cotisations : 43,6 % du PIB en 2025. Proportionnel, progressif, dégressif. Taux marginal ≠ taux moyen. TVA = premier impôt. Payer ≠ supporter.
Impôts et cotisations prennent 43,6 % de la richesse en 2025. Un impôt peut prendre le même pourcentage à tous, plus aux riches, ou plus aux modestes. Le taux sur le dernier euro n’est pas le taux moyen. La TVA rapporte le plus. Celui qui verse n’est pas toujours celui qui paie.