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Actions et obligations

Partie II — L'épargne et les marchés financiers · B. Les marchés financiers

Fil conducteur

Pour financer une seconde boutique, Léa pourrait emprunter à sa banque, faire entrer un associé au capital, ou, si elle dirigeait une grande entreprise, émettre des titres sur les marchés.

En une phrase

Les entreprises et les États se financent sur les marchés financiers en émettant des ACTIONS (titres de propriété, rémunérés par des dividendes incertains) et des OBLIGATIONS (titres de dette, rémunérés par un intérêt fixé à l’avance).

Pourquoi c'est important

Les marchés financiers orientent l’épargne vers les projets d’investissement et fixent le coût de financement des entreprises et des États. Leurs variations influencent la richesse des ménages (assurance-vie, plans d’épargne), les retraites dans de nombreux pays, et la confiance des agents.

Comment ça marche

  • Une ACTION donne une part du capital : droit de vote et droit à une part des bénéfices (le dividende), sans garantie. Son cours reflète les bénéfices futurs attendus, actualisés.
  • Une OBLIGATION est un prêt : l’émetteur verse un intérêt (le coupon) et rembourse le capital à l’échéance. Le risque est plus faible, sauf défaut de l’émetteur.
  • MARCHÉ PRIMAIRE : émission de titres neufs, qui apporte des fonds à l’émetteur. MARCHÉ SECONDAIRE (la Bourse) : échange de titres déjà émis entre investisseurs ; il assure la liquidité.
  • Relation fondamentale : quand les taux d’intérêt montent, le prix des obligations déjà émises baisse, et inversement. La hausse des taux pèse aussi sur les actions, car elle réduit la valeur actuelle des bénéfices futurs.
  • En cas de faillite, les créanciers (obligataires) sont remboursés avant les actionnaires, qui passent en dernier.
Quand les taux montent, le prix d'une obligation existante baisseAncienne obligationrapporte 2 %personne n'en veutau prix d'origineNouvelle obligationrapporte 4 %même risque,meilleur rendementPour se vendre, l'ancienne doit baisser de prix.Taux ↑ ⇒ prix des obligations existantes ↓ (et l'inverse).
Quand les taux montent, le prix d'une obligation existante baisse. Une obligation existante verse un coupon fixe. Si les nouveaux emprunts rapportent plus, elle ne se vend qu'à prix réduit : prix et taux évoluent en sens inverse.

Exemple concret

En 2024, Tom achète 1 000 € d’une obligation d’État à dix ans qui verse 3 % par an. En septembre 2026, l’État emprunte à dix ans à environ 4,5 %. Personne ne paiera 1 000 € pour un titre à 3 % quand on peut obtenir 4,5 % : pour revendre, Tom devrait accepter une décote. S’il garde le titre jusqu’à l’échéance, il récupérera ses 1 000 € et aura touché ses coupons : la perte n’existe que s’il vend avant.

Vocabulaire

  • Action : Titre de propriété représentant une fraction du capital d’une société.
  • Obligation : Titre de créance représentant une fraction d’un emprunt, avec intérêt et remboursement prévus.
  • Dividende : Part du bénéfice distribuée aux actionnaires ; son montant n’est pas garanti.
  • Marché primaire : Marché des titres nouvellement émis, où l’émetteur lève des fonds.
  • Marché secondaire : Marché où s’échangent les titres déjà émis ; il donne leur liquidité aux titres.

Les chiffres à connaître

  • 6 590,7 Md€ : patrimoine financier des ménages français fin 2025, réparti entre dépôts bancaires (32 %), assurance-vie (33 %) et actions et fonds (27 %). Banque de France, juillet 2026.
  • ≈ 4,55 % : rendement de l’OAT à dix ans le 18 septembre 2026, contre environ 3,5 % pour l’emprunt allemand de même durée. Marchés obligataires, 18 septembre 2026.

Ce qu'en disent les économistes

Eugene Fama (Nobel 2013) défend l’hypothèse d’efficience : les prix intègrent toute l’information disponible, il est donc impossible de battre durablement le marché. Robert Shiller, Nobel la même année, montre au contraire que les cours fluctuent bien plus que les dividendes ne le justifient, sous l’effet de l’« exubérance irrationnelle ». Keynes comparait la Bourse à un concours de beauté où l’on vote pour ce que les autres trouveront beau.

Piège / à ne pas confondre

Une obligation n’est pas sans risque : son prix baisse si les taux montent, et l’émetteur peut faire défaut. Autre piège : quand un cours de Bourse monte, l’entreprise ne reçoit pas d’argent ; seul le marché primaire la finance directement.

Pour anticiper

Une hausse des taux longs fait baisser les obligations existantes et freine les actions, surtout celles des entreprises dont les bénéfices sont attendus loin dans le futur (technologie). Les fonds en euros d’assurance-vie, investis en obligations, ne profitent des taux plus élevés que progressivement, à mesure que les anciennes obligations arrivent à échéance.

À retenir

Action = propriété, dividende incertain, risque plus élevé. Obligation = dette, coupon fixe, remboursement prioritaire. Primaire = financement ; secondaire = liquidité. Taux ↑ ⇒ prix des obligations ↓.

Vérifier que c'est acquis

2 question(s) tirée(s) du quiz de la matière · touches 1 à 4 pour répondre ·

Les taux d'intérêt du marché montent fortement. Qu'arrive-t-il au prix d'une obligation déjà émise à taux fixe ?

En cas de faillite d'une entreprise, qui est remboursé en dernier ?

Notion lue jusqu'au bout ? Valide-la pour suivre ta progression.

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