Actions et obligations
Fil conducteur
Pour financer une seconde boutique, Léa pourrait emprunter à sa banque, faire entrer un associé au capital, ou, si elle dirigeait une grande entreprise, émettre des titres sur les marchés.
En une phrase
Les entreprises et les États se financent sur les marchés financiers en émettant des ACTIONS (titres de propriété, rémunérés par des dividendes incertains) et des OBLIGATIONS (titres de dette, rémunérés par un intérêt fixé à l’avance).
Pour trouver de l’argent, les entreprises et les États vendent des titres. Les actions sont des parts de l’entreprise : elles peuvent rapporter beaucoup ou rien. Les obligations sont des prêts : elles rapportent un intérêt connu d’avance.
Pourquoi c'est important
Les marchés financiers orientent l’épargne vers les projets d’investissement et fixent le coût de financement des entreprises et des États. Leurs variations influencent la richesse des ménages (assurance-vie, plans d’épargne), les retraites dans de nombreux pays, et la confiance des agents.
Les marchés financiers dirigent l’épargne vers ceux qui veulent investir, et décident de ce que coûte l’argent aux entreprises et aux États. Leurs hauts et bas changent la richesse des ménages (assurance-vie, plans d’épargne), les retraites dans beaucoup de pays, et le moral de tous.
Comment ça marche
- Une ACTION donne une part du capital : droit de vote et droit à une part des bénéfices (le dividende), sans garantie. Son cours reflète les bénéfices futurs attendus, actualisés.
- Une OBLIGATION est un prêt : l’émetteur verse un intérêt (le coupon) et rembourse le capital à l’échéance. Le risque est plus faible, sauf défaut de l’émetteur.
- MARCHÉ PRIMAIRE : émission de titres neufs, qui apporte des fonds à l’émetteur. MARCHÉ SECONDAIRE (la Bourse) : échange de titres déjà émis entre investisseurs ; il assure la liquidité.
- Relation fondamentale : quand les taux d’intérêt montent, le prix des obligations déjà émises baisse, et inversement. La hausse des taux pèse aussi sur les actions, car elle réduit la valeur actuelle des bénéfices futurs.
- En cas de faillite, les créanciers (obligataires) sont remboursés avant les actionnaires, qui passent en dernier.
- Une action, c’est un morceau de l’entreprise. Elle donne le droit de voter et de toucher une part des bénéfices (le dividende), sans garantie. Son prix dépend des bénéfices qu’on attend dans le futur.
- Une obligation, c’est un prêt. L’entreprise ou l’État verse un intérêt (le coupon) et rend la somme à la fin. C’est moins risqué, sauf si l’emprunteur fait faillite.
- Le marché « primaire », c’est quand les titres sont vendus pour la première fois : l’argent va à l’entreprise ou à l’État. Le marché « secondaire » (la Bourse), c’est quand les investisseurs se revendent les titres entre eux.
- Règle clé : quand les taux montent, les obligations déjà vendues perdent de la valeur, et l’inverse. Les actions souffrent aussi, car les bénéfices futurs valent moins aujourd’hui.
- En cas de faillite, ceux qui ont prêté sont remboursés avant les actionnaires, qui passent en dernier.
Exemple concret
En 2024, Tom achète 1 000 € d’une obligation d’État à dix ans qui verse 3 % par an. En septembre 2026, l’État emprunte à dix ans à environ 4,5 %. Personne ne paiera 1 000 € pour un titre à 3 % quand on peut obtenir 4,5 % : pour revendre, Tom devrait accepter une décote. S’il garde le titre jusqu’à l’échéance, il récupérera ses 1 000 € et aura touché ses coupons : la perte n’existe que s’il vend avant.
En 2024, Tom achète pour 1 000 € une obligation de l’État sur dix ans qui rapporte 3 % par an. En septembre 2026, l’État emprunte sur dix ans à environ 4,5 %. Personne ne paiera 1 000 € pour un titre à 3 % quand on peut avoir 4,5 %. Pour la revendre, Tom devrait baisser son prix. S’il la garde jusqu’au bout, il récupérera ses 1 000 € et aura touché ses intérêts : il ne perd que s’il vend avant.
Vocabulaire
- Action : Titre de propriété représentant une fraction du capital d’une société.
- Obligation : Titre de créance représentant une fraction d’un emprunt, avec intérêt et remboursement prévus.
- Dividende : Part du bénéfice distribuée aux actionnaires ; son montant n’est pas garanti.
- Marché primaire : Marché des titres nouvellement émis, où l’émetteur lève des fonds.
- Marché secondaire : Marché où s’échangent les titres déjà émis ; il donne leur liquidité aux titres.
- Action : Une part du capital d’une entreprise.
- Obligation : Un morceau d’un prêt fait à une entreprise ou à un État, avec intérêts et remboursement prévus.
- Dividende : La part des bénéfices versée aux actionnaires. Elle n’est pas garantie.
- Marché primaire : Là où les titres sont vendus pour la première fois ; l’argent va à l’émetteur.
- Marché secondaire : Là où les investisseurs se revendent les titres. Il permet de récupérer son argent avant la fin.
Les chiffres à connaître
- 6 590,7 Md€ : patrimoine financier des ménages français fin 2025, réparti entre dépôts bancaires (32 %), assurance-vie (33 %) et actions et fonds (27 %). Banque de France, juillet 2026.
- ≈ 4,55 % : rendement de l’OAT à dix ans le 18 septembre 2026, contre environ 3,5 % pour l’emprunt allemand de même durée. Marchés obligataires, 18 septembre 2026.
- 6 590,7 Md€ : ce que possédaient les ménages français en placements financiers fin 2025 : un tiers sur des comptes en banque (32 %), un tiers en assurance-vie (33 %), un gros quart en actions et fonds (27 %). Banque de France, juillet 2026.
- ≈ 4,55 % : ce que rapportait une obligation de l’État français sur dix ans le 18 septembre 2026, contre environ 3,5 % pour l’Allemagne. Marchés obligataires, 18 septembre 2026.
Ce qu'en disent les économistes
Eugene Fama (Nobel 2013) défend l’hypothèse d’efficience : les prix intègrent toute l’information disponible, il est donc impossible de battre durablement le marché. Robert Shiller, Nobel la même année, montre au contraire que les cours fluctuent bien plus que les dividendes ne le justifient, sous l’effet de l’« exubérance irrationnelle ». Keynes comparait la Bourse à un concours de beauté où l’on vote pour ce que les autres trouveront beau.
Eugene Fama (prix Nobel 2013) pense que les prix tiennent déjà compte de tout ce qu’on sait : impossible de battre le marché durablement. Robert Shiller, Nobel la même année, montre au contraire que les cours bougent bien plus que ce que justifient les bénéfices, poussés par l’euphorie ou la panique. Keynes comparait la Bourse à un concours de beauté où l’on vote pour la personne que les autres trouveront belle.
Piège / à ne pas confondre
Une obligation n’est pas sans risque : son prix baisse si les taux montent, et l’émetteur peut faire défaut. Autre piège : quand un cours de Bourse monte, l’entreprise ne reçoit pas d’argent ; seul le marché primaire la finance directement.
Une obligation n’est pas sans risque : son prix baisse quand les taux montent, et l’emprunteur peut ne pas rembourser. Autre piège : quand une action monte en Bourse, l’entreprise ne touche rien. Elle ne reçoit de l’argent que lorsqu’elle vend de nouveaux titres.
Pour anticiper
Une hausse des taux longs fait baisser les obligations existantes et freine les actions, surtout celles des entreprises dont les bénéfices sont attendus loin dans le futur (technologie). Les fonds en euros d’assurance-vie, investis en obligations, ne profitent des taux plus élevés que progressivement, à mesure que les anciennes obligations arrivent à échéance.
Quand les taux longs montent, les obligations déjà achetées perdent de la valeur et les actions ralentissent, surtout celles d’entreprises qui promettent des bénéfices lointains (la technologie). L’assurance-vie en euros, placée en obligations, ne profite des taux plus hauts que petit à petit, quand les anciennes obligations arrivent à leur terme.
À retenir
Action = propriété, dividende incertain, risque plus élevé. Obligation = dette, coupon fixe, remboursement prioritaire. Primaire = financement ; secondaire = liquidité. Taux ↑ ⇒ prix des obligations ↓.
L’action, c’est être propriétaire : ça peut rapporter beaucoup ou rien. L’obligation, c’est prêter : intérêt connu, remboursé en premier. Le premier marché finance, le second permet de revendre. Quand les taux montent, les obligations existantes baissent.