Le chômage
Fil conducteur
Sonia, la vendeuse qu'employait Léa le samedi, cherche un temps plein. Elle travaille quelques heures par semaine : est-elle au chômage ? Pas au sens de l'INSEE.
En une phrase
Le TAUX DE CHÔMAGE rapporte le nombre de personnes sans emploi, disponibles et en recherche active à la population active ; il résulte de causes conjoncturelles (demande insuffisante) et structurelles (inadéquation, rigidités, frictions).
Le taux de chômage compare le nombre de personnes sans emploi, disponibles et qui cherchent vraiment, au nombre total de personnes qui travaillent ou cherchent. Il vient soit d’un manque d’activité, soit de problèmes plus profonds du marché du travail.
Pourquoi c'est important
Le chômage est un coût humain (revenus perdus, perte de compétences, isolement) et économique (production perdue, dépenses d’indemnisation, recettes en moins). Distinguer ses causes est indispensable : relancer la demande ne résout pas un chômage dû à un manque de qualification.
Le chômage coûte cher aux personnes (revenus perdus, compétences qui s’usent, isolement) et au pays (production perdue, allocations à payer, impôts en moins). Il faut en connaître la cause : relancer l’activité ne sert à rien si le problème est un manque de formation.
Comment ça marche
- Est chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) toute personne de 15 ans ou plus qui n’a pas travaillé du tout pendant une semaine donnée, est disponible sous quinze jours et a cherché activement un emploi dans le mois précédent (ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois).
- POPULATION ACTIVE = personnes en emploi + chômeurs. Taux de chômage = chômeurs ÷ population active.
- Le CHÔMAGE CONJONCTUREL naît d’un ralentissement de l’activité : il se résorbe avec la reprise.
- Le CHÔMAGE STRUCTUREL persiste même en haut de cycle : inadéquation des qualifications ou des lieux, coût du travail, règles, manque de mobilité. Le chômage frictionnel correspond au temps normal de recherche entre deux emplois.
- Le halo du chômage regroupe des personnes sans emploi qui en veulent un mais ne remplissent pas tous les critères (pas disponibles, pas de recherche active).
- Pour être compté chômeur (définition internationale du BIT), il faut avoir 15 ans ou plus, n’avoir pas travaillé du tout une semaine donnée, être disponible dans les quinze jours et avoir vraiment cherché un emploi le mois d’avant (ou en avoir trouvé un qui commence dans les trois mois).
- La population active, ce sont les gens qui ont un emploi plus les chômeurs. Le taux de chômage divise les chômeurs par la population active.
- Le chômage conjoncturel vient d’un ralentissement : il baisse quand l’activité repart.
- Le chômage structurel reste même quand tout va bien : compétences qui ne correspondent pas aux postes, emplois trop loin, coût du travail, règles, difficulté à déménager. Le chômage frictionnel, c’est le temps normal pour passer d’un emploi à un autre.
- Le halo du chômage, ce sont les personnes sans emploi qui en voudraient un, mais qui ne cochent pas toutes les cases (pas disponibles tout de suite, pas de recherche active).
Exemple concret
Sonia a travaillé six heures cette semaine : pour l’INSEE, elle est en emploi, même si elle voudrait travailler davantage (elle est en sous-emploi). Karim, s’il perdait son poste et cherchait activement, serait chômeur. Tom, étudiant qui ne cherche pas de travail, est inactif. Le taux de chômage ne dit donc pas tout de la situation de l’emploi.
Sonia a travaillé six heures cette semaine. Pour l’INSEE, elle a un emploi, même si elle voudrait travailler plus : on dit qu’elle est en sous-emploi. Si Karim perdait son poste et cherchait activement, il serait chômeur. Tom, étudiant qui ne cherche pas de travail, est inactif. Le taux de chômage ne dit donc pas tout.
Vocabulaire
- Chômeur au sens du BIT : Personne sans aucun emploi pendant la semaine de référence, disponible sous quinze jours et en recherche active.
- Taux de chômage : Rapport entre le nombre de chômeurs et la population active.
- Chômage structurel : Part du chômage qui ne dépend pas du cycle et persiste même quand l’activité est normale.
- Halo du chômage : Personnes sans emploi souhaitant travailler mais ne répondant pas à tous les critères du BIT.
- Sous-emploi : Personnes en emploi à temps partiel qui souhaitent travailler plus et sont disponibles pour le faire.
- Chômeur au sens du BIT : Une personne sans aucun travail pendant la semaine étudiée, disponible sous quinze jours, et qui cherche vraiment.
- Taux de chômage : Le nombre de chômeurs divisé par la population active.
- Chômage structurel : La part du chômage qui reste même quand l’économie va bien.
- Halo du chômage : Les personnes sans emploi qui voudraient travailler mais ne remplissent pas tous les critères pour être comptées chômeurs.
- Sous-emploi : Les personnes à temps partiel qui voudraient travailler plus et le pourraient.
Les chiffres à connaître
- 8,3 % de la population active au 2e trimestre 2026, soit 2,7 millions de chômeurs, + 0,7 point sur un an. INSEE, août 2026.
- 21,6 % de chômage chez les 15-24 ans au 2e trimestre 2026. INSEE, août 2026.
- 1,9 million de personnes dans le halo autour du chômage au 2e trimestre 2026. INSEE, août 2026.
- 8,3 % : le taux de chômage au 2e trimestre 2026, soit 2,7 millions de chômeurs, 0,7 point de plus qu’un an avant. INSEE, août 2026.
- 21,6 % : le taux de chômage des 15-24 ans au 2e trimestre 2026. INSEE, août 2026.
- 1,9 million de personnes dans le halo du chômage au 2e trimestre 2026. INSEE, août 2026.
Ce qu'en disent les économistes
Keynes (1936) explique le chômage de masse par une demande insuffisante : c’est un chômage involontaire que la baisse des salaires ne résout pas. Milton Friedman (1968) introduit le taux de chômage « naturel », en dessous duquel on ne peut descendre sans accélérer l’inflation. Diamond, Mortensen et Pissarides (Nobel 2010) modélisent les frictions de l’appariement entre offres et demandes d’emploi.
Keynes (1936) explique le chômage de masse par un manque de demande : les gens voudraient travailler, et baisser les salaires n’y change rien. Milton Friedman (1968) parle d’un chômage « naturel » : si on veut descendre en dessous, les prix s’emballent. Diamond, Mortensen et Pissarides (prix Nobel 2010) étudient la difficulté à faire se rencontrer offres d’emploi et chercheurs d’emploi.
Piège / à ne pas confondre
Ne pas confondre chômeurs au sens du BIT (INSEE, enquête) et demandeurs d’emploi inscrits à France Travail (données administratives) : les deux chiffres diffèrent, car tous les inscrits ne sont pas chômeurs au sens du BIT, et inversement. Et une baisse du taux de chômage peut venir de gens qui cessent de chercher, pas de créations d’emplois.
Il y a deux chiffres différents. Les chômeurs au sens du BIT, comptés par l’INSEE avec une enquête. Et les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail. Ils ne se recouvrent pas. Et le taux de chômage peut baisser simplement parce que des gens arrêtent de chercher, sans qu’aucun emploi ne soit créé.
Pour anticiper
Le chômage réagit avec retard : il continue souvent de monter au début d’une reprise. Pour voir venir, surveille les déclarations d’embauche, l’intérim et le taux d’emploi, qui bougent plus tôt. Démographie : le vieillissement réduit la population active, ce qui peut faire baisser le chômage sans créations d’emplois.
Le chômage réagit en retard : il monte souvent encore au début d’une reprise. Pour voir venir, regarde les embauches, l’intérim et la part des gens en emploi, qui bougent plus tôt. Et avec le vieillissement, il y a moins de gens en âge de travailler : le chômage peut baisser sans que des emplois soient créés.
À retenir
Chômeur BIT : sans emploi, disponible, en recherche active. Taux = chômeurs ÷ actifs. Conjoncturel (cycle) contre structurel (inadéquation, rigidités). Indicateur retardé : il faut regarder aussi le halo et le sous-emploi.
Chômeur, au sens officiel : aucun travail, disponible, et qui cherche vraiment. Le taux compare les chômeurs aux actifs. Une partie vient du ralentissement, une autre de problèmes profonds. Il réagit en retard, et ne dit pas tout : regarde aussi le halo et le sous-emploi.