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L'inflation

Partie II — Croissance et fluctuations · B. Le court terme

Fil conducteur

En un an, la facture d'énergie de Léa a bondi, ses sacs de farine ont augmenté, et elle a dû passer la baguette de 1,20 € à 1,30 €. Karim, lui, se demande si son salaire suivra.

En une phrase

L’INFLATION est la hausse générale et durable du niveau des prix, qui réduit le pouvoir d’achat de la monnaie ; on la mesure en France par l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC).

Pourquoi c'est important

L’inflation redistribue silencieusement : elle érode l’épargne non rémunérée et les revenus non indexés, allège les dettes à taux fixe. Trop forte, elle brouille les signaux de prix et pénalise les plus modestes ; négative (déflation), elle paralyse l’économie. D’où la cible de 2 % fixée par la BCE.

Comment ça marche

  • L’IPC suit le prix d’un panier représentatif de biens et services consommés par les ménages ; l’INSEE en publie la variation chaque mois, sur un mois et sur un an (glissement annuel).
  • L’INFLATION SOUS-JACENTE retire les prix les plus volatils (énergie, produits frais) et ceux fixés par l’État : elle révèle la tendance de fond.
  • Inflation par la demande : la demande dépasse les capacités de production (surchauffe, excès de monnaie).
  • Inflation par les coûts : hausse du prix des matières premières, de l’énergie ou des salaires, répercutée dans les prix (choc d’offre).
  • BOUCLE PRIX-SALAIRES : les salariés obtiennent des hausses pour compenser l’inflation, les entreprises les répercutent, et ainsi de suite. Les ANTICIPATIONS jouent un rôle clé : si chacun s’attend à une forte inflation, elle s’auto-entretient.
  • La courbe de Phillips décrit à court terme un arbitrage entre chômage et inflation ; il disparaît à long terme selon Friedman.
Courbe de Phillips : chômage et inflationInflationChômagepeu de chômage, plus d'inflationplus de chômage, moins d'inflation
Courbe de Phillips : chômage et inflation. À court terme, on observe souvent un arbitrage : moins de chômage s'accompagne de plus d'inflation. Cette relation se déforme quand les anticipations changent ou lors d'un choc d'offre.

Exemple concret

Août 2026 : les prix augmentent de 2,4 % sur un an en France. Mais l’énergie bondit de 16,7 % (produits pétroliers + 28,7 %), tandis que les produits manufacturés baissent de 0,4 % et que l’inflation sous-jacente n’est que de 1,1 %. C’est une inflation par les coûts, importée, concentrée sur l’énergie. Pour Léa, le four et les livraisons coûtent beaucoup plus cher ; pour Karim, dont le salaire progresse moins vite, le pouvoir d’achat recule.

Vocabulaire

  • Inflation : Hausse générale et durable du niveau des prix.
  • Indice des prix à la consommation : Instrument de mesure de l’inflation, calculé par l’INSEE. L’indice harmonisé (IPCH) permet les comparaisons européennes et sert de référence à la BCE.
  • Inflation sous-jacente : Inflation hors éléments volatils (énergie, produits frais) et hors prix administrés.
  • Déflation : Baisse générale et durable des prix, dangereuse car elle incite à reporter les achats et alourdit le poids réel des dettes.
  • Boucle prix-salaires : Enchaînement où hausses de prix et hausses de salaires s’alimentent mutuellement.

Les chiffres à connaître

  • + 2,4 % sur un an en août 2026 (IPC), + 2,6 % pour l’indice harmonisé, + 1,1 % pour l’inflation sous-jacente. INSEE, août 2026.
  • + 0,8 % : hausse des prix à la consommation en moyenne en 2025, une année d’inflation très basse avant le choc pétrolier. INSEE, comptes de la Nation 2025.
  • 3,0 % : inflation prévue par la BCE pour la zone euro en 2026, puis 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. BCE, projections du 10 septembre 2026.

Ce qu'en disent les économistes

Pour Milton Friedman, « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » : elle vient d’une création de monnaie plus rapide que la production. Les keynésiens insistent sur les coûts et la demande. Phillips (1958) observe au Royaume-Uni une relation inverse entre chômage et hausse des salaires ; la stagflation des années 1970 (inflation et chômage élevés en même temps) montre ses limites.

Piège / à ne pas confondre

Une inflation qui baisse ne veut pas dire des prix qui baissent : les prix montent simplement moins vite. Autre piège : glissement annuel (évolution entre le même mois de deux années) et moyenne annuelle (évolution de la moyenne des douze mois) donnent des chiffres différents. Et ton inflation personnelle peut s’écarter de l’indice, selon ta consommation.

Pour anticiper

Surveille l’écart entre inflation totale et sous-jacente : si l’énergie tire la première alors que la seconde reste basse, le choc peut refluer ; si la sous-jacente monte à son tour, l’inflation s’installe (effets de second tour). Surveille aussi les anticipations d’inflation et les négociations salariales : c’est ce que regarde la BCE avant de bouger ses taux.

À retenir

Inflation = hausse générale et durable des prix, mesurée par l’IPC. Sous-jacente = hors énergie, produits frais, prix administrés. Causes : demande, coûts, monnaie, anticipations. Cible BCE : 2 % à moyen terme.

Vérifier que c'est acquis

2 question(s) tirée(s) du quiz de la matière · touches 1 à 4 pour répondre ·

En août 2026, l'inflation totale est de 2,4 % mais l'inflation sous-jacente de 1,1 %. Qu'en déduire ?

Une inflation qui passe de 3 % à 2 % signifie que :

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