L'inflation
Fil conducteur
En un an, la facture d'énergie de Léa a bondi, ses sacs de farine ont augmenté, et elle a dû passer la baguette de 1,20 € à 1,30 €. Karim, lui, se demande si son salaire suivra.
En une phrase
L’INFLATION est la hausse générale et durable du niveau des prix, qui réduit le pouvoir d’achat de la monnaie ; on la mesure en France par l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC).
L’inflation, c’est quand les prix montent un peu partout et pendant un moment. Avec le même argent, tu achètes moins. En France, on la mesure avec l’indice des prix de l’INSEE.
Pourquoi c'est important
L’inflation redistribue silencieusement : elle érode l’épargne non rémunérée et les revenus non indexés, allège les dettes à taux fixe. Trop forte, elle brouille les signaux de prix et pénalise les plus modestes ; négative (déflation), elle paralyse l’économie. D’où la cible de 2 % fixée par la BCE.
L’inflation déplace l’argent sans bruit. Elle ronge l’épargne qui ne rapporte rien et les revenus qui ne suivent pas, mais elle allège les dettes à taux fixe. Trop forte, elle brouille les prix et frappe d’abord les plus modestes. Négative (la déflation), elle bloque l’économie. D’où l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne.
Comment ça marche
- L’IPC suit le prix d’un panier représentatif de biens et services consommés par les ménages ; l’INSEE en publie la variation chaque mois, sur un mois et sur un an (glissement annuel).
- L’INFLATION SOUS-JACENTE retire les prix les plus volatils (énergie, produits frais) et ceux fixés par l’État : elle révèle la tendance de fond.
- Inflation par la demande : la demande dépasse les capacités de production (surchauffe, excès de monnaie).
- Inflation par les coûts : hausse du prix des matières premières, de l’énergie ou des salaires, répercutée dans les prix (choc d’offre).
- BOUCLE PRIX-SALAIRES : les salariés obtiennent des hausses pour compenser l’inflation, les entreprises les répercutent, et ainsi de suite. Les ANTICIPATIONS jouent un rôle clé : si chacun s’attend à une forte inflation, elle s’auto-entretient.
- La courbe de Phillips décrit à court terme un arbitrage entre chômage et inflation ; il disparaît à long terme selon Friedman.
- L’INSEE suit chaque mois le prix d’un grand panier de produits et services achetés par les ménages. Il publie la hausse sur un mois et sur un an.
- L’inflation sous-jacente retire ce qui bouge beaucoup (énergie, fruits et légumes frais) et ce que fixe l’État. Elle montre la tendance de fond.
- Inflation par la demande : les gens veulent acheter plus que ce qu’on peut produire.
- Inflation par les coûts : les matières premières, l’énergie ou les salaires coûtent plus cher, et les entreprises le répercutent.
- La boucle prix-salaires : les salariés demandent des hausses pour suivre les prix, les entreprises les répercutent, et ça recommence. Ce que chacun attend compte beaucoup : si tout le monde s’attend à une forte inflation, elle s’entretient toute seule.
- La courbe de Phillips montre qu’à court terme, moins de chômage va souvent avec plus d’inflation. Pour Friedman, ce lien disparaît à long terme.
Exemple concret
Août 2026 : les prix augmentent de 2,4 % sur un an en France. Mais l’énergie bondit de 16,7 % (produits pétroliers + 28,7 %), tandis que les produits manufacturés baissent de 0,4 % et que l’inflation sous-jacente n’est que de 1,1 %. C’est une inflation par les coûts, importée, concentrée sur l’énergie. Pour Léa, le four et les livraisons coûtent beaucoup plus cher ; pour Karim, dont le salaire progresse moins vite, le pouvoir d’achat recule.
Août 2026 : en France, les prix ont monté de 2,4 % en un an. Mais l’énergie a bondi de 16,7 % (carburants et fioul + 28,7 %), alors que les objets manufacturés ont baissé de 0,4 %. Hors énergie et produits frais, la hausse n’est que de 1,1 %. L’inflation vient donc surtout de l’énergie achetée à l’étranger. Pour Léa, le four et les livraisons coûtent bien plus cher. Pour Karim, dont le salaire monte moins vite, le pouvoir d’achat baisse.
Vocabulaire
- Inflation : Hausse générale et durable du niveau des prix.
- Indice des prix à la consommation : Instrument de mesure de l’inflation, calculé par l’INSEE. L’indice harmonisé (IPCH) permet les comparaisons européennes et sert de référence à la BCE.
- Inflation sous-jacente : Inflation hors éléments volatils (énergie, produits frais) et hors prix administrés.
- Déflation : Baisse générale et durable des prix, dangereuse car elle incite à reporter les achats et alourdit le poids réel des dettes.
- Boucle prix-salaires : Enchaînement où hausses de prix et hausses de salaires s’alimentent mutuellement.
- Inflation : La hausse générale des prix, qui dure.
- Indice des prix à la consommation : L’outil de l’INSEE pour mesurer l’inflation. Une version « harmonisée » (IPCH) permet de comparer les pays européens et sert de repère à la BCE.
- Inflation sous-jacente : L’inflation sans ce qui bouge trop (énergie, produits frais) et sans les prix fixés par l’État.
- Déflation : La baisse générale des prix, qui dure. Dangereuse, car on attend pour acheter et les dettes pèsent plus lourd.
- Boucle prix-salaires : Quand les hausses de prix entraînent des hausses de salaires, qui entraînent de nouvelles hausses de prix.
Les chiffres à connaître
- + 2,4 % sur un an en août 2026 (IPC), + 2,6 % pour l’indice harmonisé, + 1,1 % pour l’inflation sous-jacente. INSEE, août 2026.
- + 0,8 % : hausse des prix à la consommation en moyenne en 2025, une année d’inflation très basse avant le choc pétrolier. INSEE, comptes de la Nation 2025.
- 3,0 % : inflation prévue par la BCE pour la zone euro en 2026, puis 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. BCE, projections du 10 septembre 2026.
- + 2,4 % de hausse des prix sur un an en août 2026, + 2,6 % selon l’indice européen, + 1,1 % hors énergie et produits frais. INSEE, août 2026.
- + 0,8 % : la hausse moyenne des prix en 2025, une année très calme avant le choc sur le pétrole. INSEE, comptes de la Nation 2025.
- 3,0 % : l’inflation que la BCE prévoit pour la zone euro en 2026, puis 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. BCE, projections du 10 septembre 2026.
Ce qu'en disent les économistes
Pour Milton Friedman, « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » : elle vient d’une création de monnaie plus rapide que la production. Les keynésiens insistent sur les coûts et la demande. Phillips (1958) observe au Royaume-Uni une relation inverse entre chômage et hausse des salaires ; la stagflation des années 1970 (inflation et chômage élevés en même temps) montre ses limites.
Pour Milton Friedman, l’inflation vient toujours d’un excès de monnaie par rapport à ce qu’on produit. Les keynésiens insistent plutôt sur les coûts et la demande. Phillips (1958) observe au Royaume-Uni que moins de chômage va avec des hausses de salaires plus fortes. Mais dans les années 1970, on a eu en même temps beaucoup de chômage et beaucoup d’inflation (la « stagflation »), ce qui a montré les limites de cette idée.
Piège / à ne pas confondre
Une inflation qui baisse ne veut pas dire des prix qui baissent : les prix montent simplement moins vite. Autre piège : glissement annuel (évolution entre le même mois de deux années) et moyenne annuelle (évolution de la moyenne des douze mois) donnent des chiffres différents. Et ton inflation personnelle peut s’écarter de l’indice, selon ta consommation.
Une inflation qui ralentit ne veut pas dire que les prix baissent : ils montent juste moins vite. Autre piège : l’inflation « sur un an » (d’août à août) et l’inflation « en moyenne sur l’année » ne donnent pas le même chiffre. Et ta propre inflation peut être différente de l’indice, selon ce que tu achètes.
Pour anticiper
Surveille l’écart entre inflation totale et sous-jacente : si l’énergie tire la première alors que la seconde reste basse, le choc peut refluer ; si la sous-jacente monte à son tour, l’inflation s’installe (effets de second tour). Surveille aussi les anticipations d’inflation et les négociations salariales : c’est ce que regarde la BCE avant de bouger ses taux.
Compare l’inflation totale et l’inflation hors énergie et produits frais. Si seule l’énergie tire les prix, la vague peut retomber. Si le reste se met aussi à monter, l’inflation s’installe. Regarde aussi ce que les gens attendent pour les prix et les négociations de salaires : c’est ce que surveille la BCE avant de toucher à ses taux.
À retenir
Inflation = hausse générale et durable des prix, mesurée par l’IPC. Sous-jacente = hors énergie, produits frais, prix administrés. Causes : demande, coûts, monnaie, anticipations. Cible BCE : 2 % à moyen terme.
L’inflation, c’est la hausse générale des prix, mesurée chaque mois par l’INSEE. La version « sous-jacente » retire ce qui bouge trop. Elle vient d’un excès de demande, des coûts, de la monnaie ou de ce que chacun attend. La BCE vise 2 %.