Macroéconomie : croissance, emploi, prix
L'économie d'un pays vue d'en haut : mesurer la production, comprendre la croissance, les cycles, le chômage et l'inflation, et ce que peuvent les politiques économiques.
Le récit : de la Grande Dépression aux chocs d’aujourd’hui
Ce chapitre ne contient rien à apprendre par cœur. Il raconte pourquoi on s’est mis à regarder l’économie d’un pays comme un tout.
Jusqu’au début du XXe siècle, la plupart des économistes pensent que l’économie revient toujours d’elle-même au plein emploi : si des travailleurs sont sans emploi, les salaires baissent, et les embauches reprennent. La crise de 1929 fait voler cette certitude en éclats. Aux États-Unis, la production chute d’environ un quart et un actif sur quatre se retrouve sans travail, sans que rien ne semble pouvoir enrayer la spirale.
En 1936, John Maynard Keynes publie la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. Son idée est simple et révolutionnaire : l’économie peut rester durablement bloquée avec du chômage, faute de demande. Si personne ne dépense, personne ne produit. L’État doit alors intervenir. Au même moment, on invente les outils pour mesurer tout cela : Simon Kuznets conçoit la comptabilité nationale, qui donnera naissance au PIB.
Après la guerre, les Trente Glorieuses semblent donner raison aux keynésiens : forte croissance, plein emploi. Puis les chocs pétroliers de 1973 et 1979 provoquent la « stagflation », à la fois chômage et inflation, que les recettes keynésiennes n’expliquent pas. Milton Friedman et les monétaristes reprennent la main : priorité à la lutte contre l’inflation, confiée à des banques centrales indépendantes.
Le XXIe siècle mélange les deux héritages. La crise de 2008 et la pandémie de 2020 ramènent des plans de relance massifs ; la poussée d’inflation de 2022, puis le choc pétrolier de 2026, rappellent que les chocs d’offre posent des dilemmes que personne n’a résolus.
Voilà le fil. Mesurer l’économie d’un pays, comprendre pourquoi elle croît à long terme, pourquoi elle hoquette à court terme, et ce que les pouvoirs publics peuvent y faire. Tout le cours suit cette progression.
Avant de commencer
Comment lire ce cours.
La macroéconomie regarde les grands agrégats : la production totale (le PIB), le niveau général des prix, l’emploi, les échanges avec l’extérieur. Elle distingue deux horizons. À long terme, la question est celle de la croissance : pourquoi certains pays s’enrichissent. À court terme, c’est celle des fluctuations : pourquoi l’activité accélère ou ralentit, et comment la stabiliser.
Les chiffres cités sont réels, sourcés et datés. Ils vieilliront : c’est normal. L’important est de savoir où les retrouver et comment les lire.
Fil conducteur
LA BOULANGERIE DE LÉA continue de servir de fil. Cette fois, on la regarde comme une cellule du grand organisme : ses ventes font partie du PIB, ses prix de l’inflation, son vendeur des statistiques de l’emploi, et le ralentissement de 2026 se lit directement dans ses comptes.
Partie I — Mesurer l’économie
Les outils de base : le circuit et le PIB.
A. Une vue d’ensemble
Le circuit économique et les agentsAgents économiques · Circuit économique · Secteurs institutionnels Le PIB : mesurer la productionProduit intérieur brut · Valeur ajoutée · Volume et valeur · PIB par habitantPartie II — Croissance et fluctuations
Le long terme et le court terme.
A. Le long terme
La croissance et ses sourcesCroissance potentielle · Productivité globale des facteurs · Capital humain · Progrès techniqueB. Le court terme
Les cycles et la conjonctureConjoncture · Récession · Écart de production · Indicateur avancé Le chômageChômeur au sens du BIT · Taux de chômage · Chômage structurel · Halo du chômage L'inflationInflation · Indice des prix à la consommation · Inflation sous-jacente · Déflation · Boucle prix-salairesPartie III — Les politiques économiques
Ce que peuvent faire l’État et la banque centrale.